‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 77 sur 187 · CHAPITRE III. lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. lU

mais elle fut inférieure hiérarchiquement et liée à son père ou à son mari, ou même à son fils aîné, qui devait succéder au père ; car elle avait une nature différente de celle de l'homme. Aussi , la femme ne faisait qu'une seule personne avec son mari ; mais ce dernier n'avait plus droit de vie et de mort sur elle.

Une conséquence nécessaire de cette loi de Funité spirituelle et de la modification apportée au dogme de la chute , fut que l'esclave mutilé et agent passif, donné au maître comme propriété absolue, fut considéré comme race sociale , séparée et destinée , il est vrai , à servir les autres , comme n'ayant qu'une naissance, mais possédant un droit de conservation.

Voici comment le dogme justifiait cette hiérarchie : justification à laquelle il était forcé; car la doctrine de l'unité spirituelle , jetée au milieu de ces races douées d'une grande force matérielle, aurait amené des désordres incalculables, par les prétentions à l'application matérielle de cette sorte d'égalité , et aurait rendu toute société impossible.

Nous avons dit que la doctrine morale avait indiqué une hiérarchie des êtres , comme moyen d'expiation pour les anges déchus. Cette hiérarchie fut donc appliquée aux races sociales qui

auparavant étaient d'essences spirituelles différentes, et qui, en participant maintenant à l'uni lé d'esprit , furent séparées en castes considérées sous le rapport matériel comme étant de nature divine , mais avec une différence d'origine.

Un sacrifice mystérieux , accompli au principe des temps sur le premier né des êtres , avait formé , des diverses parties de son corps séparées les unes des autres , les quatre castes composant la société d'origine divine. Les Brahmanahs ou prêtres avaient été créés de sa tête, partie la plus noble ; les Kchatryas ou guerriers , de ses bras ; les Veissiahs ou fermiers , de ses jambes ; et les Soudras ou esclaves , de ses pieds , partie la plus impure.

Ces castes s'élevaient ainsi hiérarchiquement. Les Soudras, impurs et n'ayant qu'une naissance, devaient servir tous les autres ; ils formaient une race sans fonction spéciale. Les Veissiahs devaient être fermiers , laboureurs et commerçans. Les Kchatryas devaient gouverner et faire la guerre, et pouvaient lire certains livres sacrés. Mais les Brahmanahs avaient seuls le droit de sacrifier et d'expliquer les livres Vedas , où étaient contenus les grands mystères. Ces trois dernières castes devaient recevoir une seconde naissance par un signe particulier.

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