Transformations égyptiennes
Tandis que se développait la société éthiopienne , et avant qu'elle n'eût rejoint les populations égyptiennes , celles-ci avaient déjà subi la^ réformation qui devait nécessairement s'accomplir au commencement du second âge , contre les abus de dissociation et de séparation de races, résultats de la première époque morale.
Le réformateur qui parut d'abord fut Menés ou Mestraïm, qui donna kMemphis, appelé alors Auret, où il s'établit, le nom de Mestraïm. 11 institua un nouveau culte , de nouvelles lois et'de nouvelles pratiques. En même temps que législateur et prêtre , il était chef de guerre.
Un de ses descendans se sépara bientôt, par une révolte , du centre religieux dont il s'affranchissait ; et, remontant le Nil, il alla fonder à Thèbes , dans l'Egypte supérieure , la succession de dynasties thébaines qui devait recevoir communication de la révélation indienne par TEthiopie, et couvrir la Thébaïde de ces splendides monu*
m HïSTOmÉ D(J SECOND AGE.
mens que le temps n'a pas encore pu détruire*
Mais avant leur initiation à la nouvelle parole^ les Pharaons thébains voulurent , comme ce fut le but de presque tous les peuples réformés du second âge, rétablir par la force et la conquête l'unité terrestre dont le souvenir était resté dans^ tous les centres sacrés.
Ce fut Sésostris qui surtout chercha à accomplir ce grand acte. Conseillé par une femme intelligente , il sortit de Thèbes , parcourut toute l'Asie, conquit la Libye, et ramena de nombreux prisonniers auxquels il fit exécuter de grands travaux. A son retour en Egypte , il répartit la teri^e entre son peuple, moyennant redevance annuelle , éleva des retranchemens de défense autour du pays, et bâtit des temples dans lesquels il institua des cultes.
Mais ses successeurs se corrompirent , et firent révolter contre eux le peuple égyptien, lequel se ligua avec les rois éthiopiens qui entraient en Egypte , enhardis par la faiblesse des Pharaons dépravés. Le conquérant , qui s'appelait Actisanès, fit ce que ne faisaient plus les Pharaons : il protégea la nation qu'il envahissait, fut juste envers tous, et établit une loi morale sévère.
On voit là bien nettement la différence entre l'ancien mode de conquête, dans lequel Sésostris