Observations sur l' Histoire naturelle, etc., page CO
1 \ IDÉES DE B U F FOX
différence des méthodes de classification. Chacun cherchait sans doute à rapprocher, autant qu’il le pouvait, les plantes, les animaux et les minéraux qui se ressemblaient par certains rapports; mais on ne s’attachait pas à rendre ces rapports simples et précis. Linné adopta le système artificiel, mais il déclara qu’il ne convenait que pour arriver à la détermination positive des espèces, et qu’il ne fallait pas négliger de travailler à la découverte d’une méthode naturelle fondée sur les véritables rapports des objets1. » M. Cuvier juge donc Linné comme Malesherbes ; mais M. Cuvier est M. Cuvier , et il écrivait de nos jours : Malesherbes écrivait il y a près d’un siècle.
Je reviens à Bufïon. Ses préventions contre la méthode ne pouvaient durer bien longtemps. A mesure qu’il avançait dans son grand travail, il se faisait de plus en plus aux idées , et par les idées au langage des naturalistes; il sentait, de plus en plus, le besoin de ranger les objets d’après leurs rapports, et, comme le dit si bien M. Cuvier : « Parvenu à son Histoire des Oiseaux, il se soumit tacitement à la nécessité où nous sommes tous de classer nos idées, pour
1 . Cours de l'Histoire des Sciences naturelles , troisième partie, page 25.
SIIU LA MÉTHODE.
nous en représenter clairement l’ensemble L » J’ajoute qu’il n’avait pas attendu jusque-là. Lorsque après avoir décrit l’un après l’autre, et sans aucune vue méthodique, le cheval, l’âne, le bœuf, la brebis, la chèvre, le cochon, le chien, le chat, tous les animaux domestiques, il passe aux animaux sauvages, il rapproche plus d’une fois, et avec un dessein marqué, les espèces semblables : il met le daim près du chevreuil, la fouine près de la marte, etc., etc. Arrivé aux singes, il les met tous ensemble, et même il les distribue déjà par groupes distincts, d’après de très bons caractères 2.
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