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Tome III, page 1G

168 VARIÉTÉS RE l’f.SRÈOF. HUMAINE.

donnent toutesdes individus féconds, et d’une fécondité continue1. Le loup et le chien sont, au contraire, deux espèces distinctes, parce que, en s’unissant ensemble, ces deux espèces ne donnent que des individus stériles 2.

Toutes lesraceshumaines ne font qu’une espèce, parce que, comme le dit Buffon, ce elles peuvent s’unir ensemble et propager en commun la grande et unique famille du genre humain 3. »

1. La fécondité continue est le caractère absolu de l’espèce: en effet, le mélange de quelques espèces très voisines est quelquefois fécond, mais il est toujours d’une fécondité bornée: le mulet de l’âne et du cheval est stérile dès la première ou dès la seconde génération ; celui du chien et du loup l’est dès la seconde ou dès la troisième, etc., etc. Voyez ci-devant, chapitre V, page 104.

2. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, comme il vient d’être dit dans la noie précédente.

3. Tome XIV, page 311. Buffon dit ailleurs : « On ne peut pas dire que ces hommes, tels que ceux des îles Mariannes, ou ceux d’Otahi ti et des autres petites îles situées dans le milieu des mers à de si grandes distances de toutes terres habitées, ne soient néanmoins des hommes de notre espèce, puisqu’ils peuvent produire avec nous, et que les petites différences qu’on remarque dans leur nature ne sont que de légères variétés causées par l’influence du climat et de la nourriture. » ( Tome V, page 180, Suppléments). Il dit encore, en un autre endroit : «....Comme l’espèce humaine nous est la mieux connue, voyons jusqu’où s’étendent ces monvements de variation. Les hommes diffèrent du blanc au noir par la couleur, du double au simple par la hauteur de la taille, la grosseur, la légèreté, la force, etc., et du tout au rien pour l’esprit; mais cette dernière qualité, n’ap-

Il ne peut y avoir ici place pour l’arbitraire. On a beau appeler espèces les simples variétés de l’espèce humaine. En changeant le nom, on ne change pas la chose. Ce qui caractérise l’espèce est un fait, ce qui caractérise la race est un autre fait ; ces deux faits sont essentiellement distincts, Y espèce et la race le sont donc aussi.

Rien ne sert plus à la clarté des idées que la précision des mots. Blumenbach écrit un livre pour prouver l’unité de l’espèce humaine, et il

partenant point à la matière, ne doit point être ici considérée; les autres sont les variations ordinaires de la nature, qui viennent de l’influence du climat et de la nourriture ; mais ces différences de couleur et de dimension dans la taille n’empêchent pas que le blanc et le nègre, le Lapon et le P^tagon, le géant et le nain, ne produisent ensemble des individus qui peuvent eux-mêmes se reproduire, et que par conséquent ces hommes, si différents en apparence, ne soient tous d’une seule et même espèce, puisque cette reproduction constante est ce qui constitue l’espèce. » (Tome IV, page 387 ). — « Si le nègre et le blanc ne pouvaient produire ensemble, si même leur production demeurait inféconde, si le mulâtre était un vrai mulet, il y aurait alors deux espèces bien distinctes : le nègre serait à l’homme ce que l’âne est au cheval, ou plutôt si le blanc était homme, le nègre ne serait plus un homme, ce serait un animal à part comme le singe, et nous serions en droit de penser que le blanc et le nègre n’auraient point eu une origine commune ; mais celte supposition même est démentie par le fait, et puisque tous les hommes peuvent communiquer et produire ensemble, tous les hommes viennent de la même souche, et sont de la même famille. » (Tome IV, page 388).

HO VARIÉTÉS DE L’ESPÈCE HUMAINE, l’intitule : De l’unité du genre humain 1 ; un genre a des espèces, une espèce n'a que des variétés. Buffon, écrivant sur le même objet, et se proposant le même but, dit excellemment: Variétés dans V espece humaine 1 2.

L'espèce humaine est donc une. Mais , cette question résolue, il s’en présente une autre : à la question de l’unité de l’espèce succède la question de l’unité des races.

Nous faisons, chaque jour, des races nouvelles d’animaux domestiques. Nous en faisons quand nous voulons3. Ce n’est pas tout: ces races, une fois faites, rien n’est plus difficile que de les empêcher, si je puis ainsi dire, de se défaire. Il y a un art, et très compliqué, qui n’a d’autre objet que de conserveries races.

Pour chacune de nos espèces domestiques, toutes les races viennent si bien d’une race, que, dans certaines conditions données, toutes reviennent à une.

Nos chiens, nos chevaux, redevenus libres en

1. De l’Unité du genre humain et de ses variétés. (Traduction française. Paris, 1804).

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