‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 142 sur 236 · Observations sur la formation des montagnes , etc · texte numérisé non relu

Observations sur la formation des montagnes , etc

de terre le pied et les croupes des montagnes; et les courants ont creusé des sillons, des vallons dont tous les angles se correspondent.... 1 »

On le voit assez : lorsque Buffon écrivait sa Théorie de la terre, il n’avait que des faits incomplets, il ne voyait qu’une époque de la nature, il ne connaissait de la terre que la partie qui a des couches horizontales et des productions marines : il ne connaissait que la terre qui est l ouvrage des eaux.

Ce n’est donc qu’à cette terre, ouvrage des eaux, que sa théorie se rapporte.

IV. — Manière dont Buffon explique, par la seule action des eaux, tout l’état actuel du globe.

La théorie de Buffon, c’est-à-dire la manière dont il explique, par la seule action des eaux, tout l’état actuel du globe, n’est, au fond, que la théorie connue de nos jours sous le nom de Idiéorie des causes lentes.

Buffon ne veut que des causes ordinaires, des opérations constantes, des effets qui arrivent tous les jours 2 .

1. Tome V, page 311 ( Suppléments ). La loi de la correspondance des angles n’a lieu en effet, comme le dit ici Buffnn, que dans les vallées, que pour les collines, et que pour le pied des hautes montagnes.

2, Expressions de Buffon. Voyez ci-devant, page 18G.

Or, ces causes ordinaires, ces opérations constantes, ces effets qui arrivent tous les jours, ce sont le tlux et le reflux de la mer, les vents, les courants de la mer, les eaux du ciel, les fleuves, les rivières, les torrents, etc. , etc.

« Ce sont, dit Buffon, les eaux rassemblées dans la vaste étendue des mers qui, par le mouvement continuel du flux et du reflux, ont produit les montagnes, les vallées et les autres inégalités de la terre ; ce sont les courants de la mer qui ont creusé les vallons et élevé les collines en leur donnant des directions correspondantes ; ce sont ces mêmes eaux de la mer qui, en transportant les terres, les ont disposées les unes sur les autres par lits horizontaux; et ce sont les eaux du ciel qui, peu à peu, détruisent l’ouvrage de la mer, qui rabaissent continuellement la hauteur des montagnes , qui comblent les vallées, les bouches des fleuves et les golfes , et qui , ramenant tout au niveau , rendront un jour cette terre à la mer, qui s’en emparera successivement, en laissant à découvert de nouveaux continents entrecoupés de vallons et de montagnes, et tout semblables à ceux que nous habitons aujourd’hui h »

Buffon explique donc, par des effets de tous les jours, par des causes ordinaires, actuelles,

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