Tome V, page 10 ( Suppléments
2. Loc. cil., page 138. Il dit encore : « L’effet de la chaleur primitive que le globe a conservée est devenu, pour ainsi dire, insensible à la superficie de l’enveloppe terrestre. » Page 161. Il dit enfin : « Nous connaissons avec certitude, par la théorie et les observations, que l’effet de l^chaleur centrale est devenu depuis longtemps insensible à la superficie, quoiqu’il puisse être très grand à une profondeur médiocre. » Page 149.
3. Selon Buffon, il arrivera un moment où le globe sera assez refroidi « pour que la nature vivante y soit anéantie. >» Tome V, page 24 1 ( Suppléments ).
degré centésimal la dernière valeur à laquelle elle doit parvenir1. »
Quatrième fait. Que les matières qui composent le globe de la terre sont, en général, de la nature du verre, et peu\ent être toutes réduites en verre.
Buffon appelle vitrescibles. dans ses Époques de lanature, les matières qu’il appelait vitrifiées dans sa Théorie de la terre . Là-dessus De Luc fait la remarque suivante : « Les matières primordiales de notre globe, dit-il, sont réfractaires, calcaires, vitrescibles, et nullement vitrifiées. M. de Buffon les nomme vitrifiées dans sa Théorie de la terre , parce que cela devait être dans son hypothèse. Il les a nommées ensuite vitrescibles dans les Époques de la nature; mais alors l’objet changeait du tout au tout, car il s’agissait de la différence d’avoir été à n’avoir pas été fondues. Avec ce seul changement de mot, il fallait changer totalement le système; cependant M. de Buffon le conserve, puisque le passage d’un globe de matière fondue
1. Loc. cit page 138. On voit par là combien Buffon, ne connaissant pas les lois du refroidissement, a dû se tromper dans le nombre des années qu’il suppose pour chacune de ses époques, pour chacun des étals , pour chacun des refroidissements successifs du globe.
à l'état actuel de la terre fait tout le sujet des Epoques l. »
M. Cuvier dit: «Il paraît aujourd’hui extrêmement probable que la dissolution du globe a été produite par le feu ; car la chimie est parvenue à liquéfier par la voie sèche la matière des montagnes primitives, qui sont toutes composées de gneiss, de granit, etc... Ainsi, Buffon aurait deviné l’état primitif du globe et le mode de formation des montagnes de granit, s’il n’avait pas supposé que ces montagnes sont vitrifiées, tandis que, dans la réalité, les terrains primitifs sont seulement vitriiîables2 3. »
Je prends ici le mot verre dans un sens général
et large, dans le sens où l’a pris Buffon. Laissons le petit débat sur le mot vitrifié et sur le mot vitri fiable 3 : la question est de savoir si les matières qui composent le globe de la terre ont été, ou non, fondues. Eh bien, tout semble prouver que Buffon avait raison, que ces matières ont été fondues ; et nous savons aujourd’hui, par des expériences certaines, qu’elles sont toutes fusibles.
1 . Lettres physiques et morales sur l histoire de la terre et de l'homme , tome V, partie il, page 605, 1179.
2. Histoire des sciences naturelles (Cours fait au collège de France), tome IV, page 166.
3. Buffon n’a pas attaché à ces deux mots l’importance qu’y attachent ici De Luc et M. Cuvier ; il se sert assez indifféremment, même dans sa Théorie de la terre , de 1 un ou de l'autre.
Cinquième fait. Que l’on trouve sur toute la surface de la terre et meme sur. les montagnes, jusqu’à quinze cents et deux mille toises de hauteur, une immense quantité de coquilles et d’autres débris des productions de la mer.
Ce cinquième fait est le plus évident, le moins contestable de tous, celui que BufFon a le mieux connu, et, comme nous l’avons déjà vu1, celui dont il a tiré le meilleur parti dans sa Théorie de la terre.