Tome I, page
3. Tome V, page 27 ( Suppléments ). « Ces énormes dents, dont la face qui broie est composée de grosses pointes mousses, ont appartenu à une espèce détruite aujourd’hui sur la terre, comme les grandes volutes appelées cornes d'Ammon sont ae-
fait, car c’est ce fait qui a prouvé cette idée l. Pendant un demi-siècle, le problème des ossements fossiles du Nord a été le problème de tous les hommes qui ontpensé en histoire naturelle. Gmelin l’avait légué à Buffon ; Bubon le légua à Camper, à Pallas, à Blumenbach ; M. Cuvier l’a résolu, et c’est là sa gloire immortelle.
Buffon supposait que les terres du Nord, plus tôt refroidies, et par conséquent plus tôt habitables, avaient été le premier séjour des grands animaux terrestres. Ensuite, ces terres s’étaient de plus en plus refroidies, et, à mesure qu’elles avaient perdu leur température, elles avaient aussi perdu
leur population : les grands animaux terrestres
avaient passé du Nord au Midi 2.
Pallas imaginait une grande irruption des eaux
tuellement détruites dans la mer. » (Tome Y, page 21, Suppléments). Les énormes dents dont parle ici Buffon sont celles du mastodonte, espèce en effet perdue.
1. « C’est par les os des quadrupèdes que nous apprenons, d'une manière assurée, le fait important des irruptions répétées de la mer, dont les coquilles et les autres produits marins à eux seuls ne nous auraient pas instruits... » Cuvier, Discours sur les révolutions de la surface du globe.
2. « Nous ne pouvons douter qu’après avoir occupé les parties septentrionales de la Russie et de la Sibérie,... où l'on a trouvé leurs dépouilles en grande quantité, ils n’aient ensuite gagné les terres moins septentrionales...; en sorte qu’à mesure que les terres du Nord se refroidissaient, ces animaux cherchaient des terres plus chaudes... » (Tome V, page 172, Suppléments).
qui, venues du sud-est, avaient transporté et enfoui dans le Nord les animaux du Midi.
M. Cuvier prouva que tous les animaux fossiles sont des animaux dont l’espèce n’existe plus.
Les animaux fossiles ne sont donc pas venus de l’Inde, comme le veut Pallas, puisque les animaux fossiles sont tous différents des animaux de l’Inde.
Les animaux actuels du Midi ne viennent donc pas des animaux fossiles du Nord, comme le veut Buffon, puisque les animaux qui vivent aujourd’hui dans le Midi sont tous différents de ceux qui ont vécu jadis dans le Nord.
Buffon n’avait pas su distinguer les éléphants fossiles des éléphants vivants. « Les défenses, les dents mâchelières, les omoplates, les fémurs et les autres ossements trouvés dans les terres du Nord, sont certainement, dit-il, des os d’éléphant ; nous les avons comparés aux différentes parties respectives du squelette entier de l’éléphant, et l’on ne peut douter de leur identité d’espèce ‘. »
M. Cuvier est le premier qui ait distingué les éléphants vivants des éléphants fossiles. C’est même par cette distinction qu’il a commencé cette suite de découvertes et cette science de merveilles qui nous ont rendu toutes les populations antiques du globe.