Éloge historique de Daubenton
REVUE DES EDITIONS
mières idées; cent fois un de ces mots que cet ami savait si bien placer l’arrêta dans sa marche précipitée L »
On peut croire toutefois que Daubenton, du moins pour certaines choses, allait trop loin. 11 ne pardonne pas à Buffon les expressions métaphoriques les plus simples; il le blâme d’avoir présenté le lion comme le roi des animaux. «Le lion n’est pas le roi des animaux, s’écrie-t-il; il n’y a point de roi dans la nature1 2. » — « L’éloquent auteur dont il s’agit, dit-il encore..., fait le chat infidèle, faux, pervers, voleur, souple et flatteur comme les fripons. Voilà une grande opposition à la noblesse et à la magnanimité du lion, et aussi de bons moyens pour faire briller les charmes du style 3. »
Daubenton est ici trop naturaliste. Lorsque Buffon appelle le lion roi, ou le chat fripon , personne assurément ne s’y trompe; le fait reste le fait, et Buffon y ajoute le trait qui nous intéresse. «Les animaux, dit madame Necker, semblaient être les plus éloignés de nous. . . , et l’art de Buffon a été de les en rapprocher sans cesse 4. »