‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 220 sur 236 · Drutus, sive l)e Claris oraloribus · texte numérisé non relu

Drutus, sive l)e Claris oraloribus

3. « Le style est l’homme meme. » (Buffon, Discours de réception à l' Académie française).

4. « On cherche en vain, disait Buffon, à imiter le style d’un grand écrivain ; on ne peut y réussir : car on n’est éloquent que

VIE DE BUFFON

avec beaucoup d'esprit, que Buffon lui-même, lorsqu’il simite , ne réussit plus : «L’éloge du chevalier de Chastelux, composé par M. de Buffon, quand le chevalier fut reçu à l’Académie française, est, dit-elle, le seul mauvais ouvrage qu’ait fait M. de Buffon, et il est mauvais parce que M. de Buffon s’est imité lui-même; il n’avait que des idées communes sur ce sujet, et il a voulu cependant les couvrir de son beau style L.. »

Il y a une chose que les imitateurs de style n’imiteront jamais : c’est le génie de l’expression. Buffon dit : « Cette volonté vive acheva mon existence 2; » il définit les passions désordonnées, des abus de l'âme 3. Parle-t-il du travail des oiseaux qui préparent leur nid, il l’appelle un travail chéri 4, et vous croyez entendre La Fontaine 5. Il dit, en parlant des fauvettes : « vives , agiles, légères et sans cesse remuées 6. » Un imitateur, un écrivain ordinaire n’aurait pas dit remuées; mais madame de Sévigné l’aurait dit.

par l’âme ; et mettre de l’âme dans une phrase, c’est être soi et non pas un autre. » (Madame Necker, Nouveaux mélanges , etc., tome I, page 135).

1. Mélanges, extraits des manuscrits, etc., tome II, page 264.

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