‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 226 sur 236 · A L'ABBÉ 15EX0X · texte numérisé non relu

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serez tout a fait quitte de celte nomenclature, et même de ces descriptions d’oiseaux qui sont bien ennuyeuses. Je vous ai renvoyé les cahiers de concordance des tomes VI et VII; mais Trécourt n’a pas encore eu le temps de transcrire celle du tome VIII : le tout ensemble, même y compris le tome IX, ne fera guère que deux cent cinquante pages d’impression à deux colonnes; ainsi nous avons de la marge pour placer les articles du cygne et des autres oiseaux d’eau qui doivent terminer l’ouvrage, et il faut tâcher de nous en débarrasser le plus tôt qu’il vous sera possible, car il ne reste guère que cent pages à imprimer dans le second volume du supplément aux quadrupèdes, et il est nécessaire, pour que l’imprimerie ne cesse pas de livrer de la copie du neuvième volume des oiseaux tout au plus tard dans sept semaines ou deux mois. C’est donc l’article du cygne qui presse , parce qu’il doit précéder celui de l’oie, qui ést déjà fait; après quoi viendront les canards, etc. , etc. Lorsque vous aurez un article de fait, je vous prie de me l’envoyer ici, car j’aurais trop peu de temps à Paris pour m’en occuper autant que je le désirerais; et d’ailleurs je ne sais plus si je pourrai arriver, comme je le comptais, vers le 20 de septembre ; on a découvert une carrière sous mon logement, à laquelle on travaille pour le mettre en sûreté, et cet ouvrage sera peut-être plus long que je ne le voudrais. Il se pourrait donc que je fusse forcé de retarder mon départ jusqu’au 10 d’octobre, et le volume des quadrupèdes sera certainement achevé avant ce temps ; il suffirait que j’eusse l’article du cygne pour le livrer à l’impression avec celui de l’oie, et rien n’arrêterait.

J’ai eu un rhume qui m’a fort incommodé d’abord, et qui m’a duré près d’un mois ; cependant je n’en ai pas moins travaillé souvent plus de huit heures par jour,

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et vous verrez mes minéraux bien avancés ; j’en ai maintenant deux volumes et demi, dont je suis assez content, mais sur lesquels vous pourrez me faire quelques bonnes observations.

Soignez donc votre santé, ce n’est point le travail paisible qui l’altère; du moins je vois par mon expérience que la tranquillité du cabinet me fait autant de bien que le mouvement du tourbillon de Paris me fait de mal.

J’ai reçu hier des nouvelles de mon fils, datées de Gottingue; il s’est toujours bien porté, et aurait en effet dû vous écrire; mais la jeunesse ne pense pas a tout, et la paresse empêche plus de la moitié du tout de ce qui serait convenable.

J’ai eu des nouvelles de la santé de M. et de madame de la Billarderie , par une lettre qu’elle a écrite h madame de la Rivière; s’ils sont toujours a Paris, faitesleur de ma par! les amitiés les plus tendres et les respects les plus sincères. Je vous dis la même chose pour votre aimable sœur et pour votre chère maman; vous en prendrez aussi telle part qu’il vous plaira pour vous. Adieu, mon cher ami.

Montbar, ce 12 août 1781.

LETTRE XVIe.

Mon cher abbé ne me donne pas signe de vie ; je sais cependant très bien qu’il n’est pas mort; mais je suis dans l’inquiétude, et je crains vraiment qu’il ne soit malade ou incommodé au point de ne pouvoir écrire : dans ce cas, je supplie ma belle Hélène de me donner de ses nouvelles ainsi que des siennes et de celles de madame

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sa mère, et je les prie tous trois de recevoir les assurances de mon fidèle attachement.

Montbar, ce 26 mai 1782.

LETTRE XVIIe.

Je suis enchanté d’avoir reçu de bonnes nouvelles de la santé de M. l’abbé Bexon, et je n’ai pas le temps de lui répondre aujourd’hui en détail; je lui recommande seulement la correction des deux feuilles cijointes, qui sont bien brouillassées.

Il me fera aussi plaisir de m’envoyer le reste de ses extraits sur les sels, auxquels je n’ai pas encore commencé de travailler; tout mon temps a été employé à donner la dernière main aux articles des métaux et minéraux métalliques.

Montbar, ce vendredi U juin 1782.

LETTRE XVIIIe.

Vous pouvez, monsieur et cher abbé, disposer le sixième volume des oiseaux comme vous le proposez, et je crois en effet que l’ordre ne sera guère interrompu par cette disposition.

A l’égard de la petite caisse qui vous a été remise par M. Houdon, je vous prie de la remettre au sieur Lucas, auquel j’ordonne de la serrer dans mon cabinet en attendant mon retour; car elle peut contenir des choses qu’il faut que j’examine, et, réflexion faite, je vais écrire a Lucas de me l’envoyer ici.

Mon fils n’est pas encore a Pétersbourg, et n’y sera

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probablement que le 25 ou 30 de ce mois ; il a passé quelques jours a Gotha, huit jours a Berlin, et le roi de Prusse lui a fait un accueil très distingué. M. Guillebert peut vous en communiquer le détail.

J’ai commencé la lecture de l’article des pétrels, et j’en suis fort content; cependant vous y trouverez encore un assez bon nombre de corrections. Je pense qu’il faut en effet écrire pétrels, et non pas pétérels, d’autant qu’il est dit en deux endroits différents, que pétrel vient de Peter (Pierre), qui se prononce pêtre ; au reste, j’ai rayé l’un de ces deux endroits qui n’était que l’exacte répétition de l’autre. Panckoucke vient de m’écrire, et ne me parle ni de vous, monsieur, ni de votre ouvrage sur les quadrupèdes ; il m’apprend seulement , en gémissant, qu’il vient d’essuyer une banqueroute de 100,000 francs, et je suis vraiment fâché de n’être pas actuellement dans la possibilité de l’aider; mais les dépenses du Jardin du Roi absorbent non seulement tous mes fonds, mais me forcent même a emprunter.

Je remercie ma chère et belle Hélène de sa bonté pour mon image, la sienne est souvent présente à mes yeux. Vous ne me dites rien de madame votre mère, cela me fait penser qu’elle est en bonne santé. Recevez tous trois les assurances de ma tendre amitié et de mon inviolable attachement.

Montbar, ce 18 juin 1782.

LETTRE XIXe.

C’est avec joie, mon très cher abbé, que nous apprenons votre nouvelle dignité; j’aime cette bonne et si belle princesse, et j’ai regret de n’avoir pas eu occasion de lui faire ma cour. Vous ferez très bien de l’accompagner

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dans son voyage et de venir vous rabattre à Montbar, après avoir fait un tour dans vos grandes montagnes. Ce projet me fait grand plaisir, et nous en causerons plus d’une fois quand je serai de retour à Paris.

Je n’ai pu, depuis mon arrivée, m’occuper d’autre chose que de mes affaires économiques; j’ai seulement corrigé le texte des épreuves que j’ai l’honneur de vous envoyer ci-jointes; je n’ai pas lu les notes que je renvoie à vos bons soins. Vous trouverez dans ce même paquet le reste de la copie de mon travail sur les pierres. Vous me ferez plaisir de faire un paquet des quatre cahiers de la copie du fer, et de le remettre à M. Lucas pour qu’il ait l’attention de le faire contre-signer lui-même et sans passer par les mains d’un autre commissionnaire. Je verrai avec satisfaction les observations que vous avez jugées nécessaires. Je n’ai encore reçu aucune épreuve des matières volcaniques ; il m’est seulement arrivé l’épreuve de la dernière feuille de la table 'des matières du premier volume des minéraux, et j’ai eu l’honneur de vous la renvoyer il a y huit ou dix jours.

Faites agréer à vos dames mes très humbles compliments et ceux du chevalier de Buffon ; il a pris, comme moi, la plus grande part à la distinction flatteuse qui ne peut en effet manquer de vous faire beaucoup d’honneur en Lorraine et partout. Continuez a nous donner de vos nouvelles, et ne doutez pas de mon tendre et très sincère attachement.

Montbar, ce 4 décembre -1782.

LETTRE XXe.

Je reçois les quatre cahiers du fer, et je remercie mon très cher abbé des courtes remarques qu’il a cru devoir y

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joindre et que je n’ai pas encore eu le temps d’examiner, mais que je crois bonnes comme tout ce qui vient de lui. Je joins ici une lettre d’avis pour les cristaux qu’on voudrait vendre ; le cabinet n’est pas trop en état d’acheter ; néanmoins, si c’était chose unique ou très rare, je pourrais m'y déterminer. Faites-moi donc le plaisir, mon cher monsieur, d’aller à votre loisir voir ces morceaux, et de me dire ce que vous en pensez, ainsi que le prix qu’on en demanderait. Mes tendres amitiés et respects à vos dames.

Montbar, ce 16 décembre 1782.

LETTRE XXIe.

Mon tils vient d’arriver, et j’ai cru vous faire plaisir, mon très cher abbé , de vous en faire part. L’impératrice et le grand-duc l’ont très bien traité , et nous aurons de beaux minéraux , dont on achève actuellement la collection.

J’ai reçu votre lettre du 16, et je vous en remercie, mon très cher monsieur, ainsi que le chevalier de Buffon, qui m’a paru très sensible aux marques de votre amitié.

Ce ne sont pas de grandes lettres que je vous demande par mes billets instants; je ne voudrais que de petits mots, mais plus fréquents et uniquement sur les objets courants. Par exemple, j’ignore si vous et votre ami avez trouvé bonne la petite addition que j’ai mise a la première page de l’article du soufre. J’ignore où en est l’impression du neuvième volume des oiseaux in-4°, et du septième volume in-folio. J’ignore si l’on doit mettre bientôt en vente le premier volume des minéraux.

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Je ne sais pourquoi on ne m’envoie ni bonnes feuilles, ni bonnes épreuves du second volume, que l’on imprime actuellement; voila ce que j’appelle les affaires courantes. Je ne suis pas inquiet du travail à venir, et je suis persuadé que vos recherches sur les belles pierres les rendront encore plus brillantes; mais vous saurez que je ne m’en suis point du tout occupé; j’ai fait tout autre chose ; c’est un article sur l’aimant , qui est encore imparfait, quoiqu’il m’ait pris beaucoup de temps; et d’ailleurs j’avoue que l’inquiétude sur le retour de mon fils m’avait ôté le sommeil et la force de penser. 11 me charge de ses compliments pour vous et pour vos dames, et je ne crois pas que nous tardions beaucoup a nous rendre à Paris. Je serai enchanté de vous revoir et de vous embrasser, mon très cher monsieur.

Montbar, ce 24 février 1783.

LETTRE XXIIe.

J’ai l’honneur de renvoyer à mon très cher coopérateur les deux épreuves ci-jointes, en le priant de lire les notes que je n’ai pas relues.

J’ai reçu aujourd’hui sa lettre, qui m’a fait un extrême plaisir ; j’en ai fait part à mon fils, qui m’a chargé de ses compliments pour vous, et de ses hommages pour vos dames ; il compte partir lundi pour Paris, et je le suivrai quelques jours après; il a couru d’assez grands hasards dans son dernier voyage, et mes inquiétudes étaient assez fondées.

J’ai reçu les bonnes épreuves des minéraux jusque et compris la page cent quatre-vingt-quatre.

Depuis l’arrivée de mon fils , ma maison ne désem-

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pl it pas de monde, et je n’ai que ce moment pour vous assurer de toute mon amitié et de la sienne.

Montbar, ce 5 mars 4783.

LETTRE XXIIIe.

C’est avec toute sensibilité, mon cher ami, que j’ai reçu les tendres sentiments que vous avez partagés avec mon lils dans le moment de votre plus grande inquiétude sur l’étal de ma santé; il est maintenant pleinement informé du cours et des circonstances de mon indisposition, qui, quoique accidentelle, m’a fait souffrir de grandes douleurs; elles sont heureusement passées depuis plus de dix jours, et je vais sensiblement de mieux en mieux. Je rends encore quelques graviers , mais sans douleur , et comme j’ai foi en ce que vous me dites des eaux de votre Lorraine, j’ai écrit à M. Lucas d’en prendre deux bouteilles au magasin des eaux minérales à Paris, et de me les envoyer par la diligence, pour que je puisse les goûter et savoir si je pourrai en supporter le goût; après quoi je pourrai bien faire usage de la lettre que vous avez eu la bonté de m’envoyer pour en faire venir directement. Je vous remercie, mon cher abbé, de celte attention obligeante, et je vous prie de remercier madame votre mère et mademoiselle votre sœur de tout l’intérêt qu’elles ont bien voulu prendre à ma situation.

Vous voudrez bien aussi faire mention de moi au bon marquis et à cette belle dame dont les yeux suffiraient pour charmer les plus grandes douleurs.

Comme cet accident m’a déjà fait perdre trois semai-

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nés, et qu’il s’en passera bien encore autant avant que je n’aie repris toutes mes forces et que je ne puisse m’occuper de choses profondes, je prends le parti de remettre l’impression de l’article de l’aimant à la fin du troisième volume des minéraux , et je vous envoie cijoinl l’article de l’or, en deux cahiers de cent sept pages, par lequel je terminerai le second volume ; plusieurs raisons me déterminent h ce changement.

1° Je veux donner a l'article de l’aimant toute la perfection dont je le crois susceptible, et cela demande du temps.

2° Cet article de l’aimant avec les tables contiendra plus de deux cents pages. Les seules observations tirées du dernier voyage de Cook, et que M. Banks m’a envoyées, sont en si grand nombre et d’une si grande importance, qu’on ne peut en négliger aucune; et je vois d’ailleurs qu’il sera nécessaire d’en reprendre encore beaucoup de celles que j’avais négligées dans les autres voyageurs récents ; ainsi toutes ces tables, avec cent vingt pages de texte, pourront peut-être faire deux cent soixante pages au lieu de deux cents, et il me faut un temps considérable pour arranger ces tables que j’ai même dessein de faire représenter sur un globe ou sur deux hémisphères, etc. Je vous prie donc de porter vous-même à l’imprimerie royale ces deux cahiers de l’or, et de faire reprendre le travail pour achever le second volume des minéraux. Je vais travailler a faire la table des matières de ce second volume, dont je n’ai les bonnes feuilles que jusque et compris la feuille LI, page deux cent soixante-douze; encore me manque-til les trois bonnes feuilles L, M, N, c’est-a-dire depuis la page quatre-vingt jusque et compris la page cent quatre, qui ne m’ont pas été fournies, et qu’il faut demander a M. Werkaven pour me les envoyer le plus

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lui que vous pourrez, ainsi que la suite des bonnes feuilles à commencer par la feuille M m, et je ferai la table des matières à mesure que je les recevrai.

Je n’ai aussi sur les oiseaux que les bonnes feuilles jusque et compris C cc, page trois cent quatre-vingtdouze, et des concordances jusque et compris la feuille P, page cent vingt ; il faut encore que vous ayez la bonté de me faire compléter les bonnes feuilles de ce neuvième volume des oiseaux; mais cela n’est pas aussi pressé que celles du second volume des minéraux, parce que vous avez bien voulu vous charger de faire la table des matières de ce dernier volume des oiseaux.

Adieu, mon cher ami; écrivez-moi aussi souvent que vous le pourrez, et soyez bien assuré du plaisir que j’aurai toujours à recevoir les témoignages de votre tendre amitié.

Montbar, ce 23 juin.

LETTRE XXIVe.

Je vous serai obligé, mon cher ami, de recommander ces feuilles de manière que les notes correspondent au texte, et de lire ces mêmes notes avec soin. Comme je n’ai pas encore les forces nécessaires pour faire de bonne besogne, je ne me suis occupé qu’à faire la table des matières; et comme je n’ai pas les bonnes feuilles que je demande par la note ci-jointe, je vous serai obligé de les demander et de me les envoyer promptement.

Je crois que la grande chaleur que nous éprouvons depuis plusieurs jours retarde mon rétablissement; il ne m’est pas possible de dormir tranquillement, quoique très légèrement couvert d’un seul drap. Je crois que vous aurez été obligé d’abandonner votre petite tour,

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et j’aurai quelque inquiétude sur votre santé jusqu’à ce que vous m’en ayez donné des nouvelles plus fraîches; car j’ai vu par votre lettre du 30 juin que vous étiez dans un état de souffrance. Je suis aussi inquiet pour madame votre mère, car cette grande chaleur est très contraire aux personnes qui ont les nerfs délicats.

Nous avons eu du brouillard, mais beaucoup moins épais que vous ne le dépeignez ; nous avons eu aussi un petit tremblement de terre le 6 juillet à neuf heures trois quarts du matin ; il n’y a eu qu’une seule petite secousse; j’étais dans mon fauteuil, et le mouvement s’est fait comme si on l’eût soulevé d’un demi-pouce avec le plancher; cette légère commotion s’est aussi fait sentir à Dijon, àBeaune, à Châlons-sur-Saône, et peut-être plus loin du coté du Midi; mais je ne crois pas qu’elle se soit étendue du côté du Nord, c’est-à-dire de Montbar à Paris , du moins nous n’en ayons point de nouvelles. A cette occasion, M. de Montbeillard, qui est «galant même avec ses amis, m’a envoyé le petit papier que vous trouverez ici en original , parce que je serais bien aise que vous le donniez à madame Necker, lorsque vous aurez occasion de la voir. M. Werkaven avait raison de vous assurer qu’il m’avait expédié la suite des bonnes épreuves. Trécourt vient de les retrouver, et nous avons jusque et compris la feuille A a a; vous enverrez la suite quand il y en aura un certain nombre de plus.

Je ne compte pas vous renvoyer les cahiers sur l’aimant, car j’espère travailler sur cette matière dès que j’aurai repris mes forces; ainsi vous me ferez plaisir, mon cher ami, de m’envoyer vous-même ce que vous aurez fait sur le magnétisme animal , ainsi que votre travail pour le mercure au sujet du premier volume de mes minéraux; je serais bien aise de le lire avant que

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vous le livriez à M. Panckoucke. Adieu, mon cher ami, mille tendresses à vos dames; je vous embrasse tous bien sincèrement et de tout mon cœur.

P. S. — Je ne sais comment je ferai pour témoigner ma reconnaissance à MM. Gentit pour les richesses dont ils m’accablent ; aidez-moi, mon cher ami, a les remercier : si je savais qu’un exemplaire delà nouvelle édition in-4° fût un présent agréable pour eux , je me ferais un plaisir de le leur offrir; mais, en attendant, assurez-les de toute ma reconnaissance.

Montbar, ce U juillet 17S3.

LETTRE XXVe.

Je conçois, mon cher monsieur, toute l’étendue de votre douleur; je ne connais personne qui aime autant ses parents, et je vois, par l’extrême tendresse que vous avez pour votre digne mère, combien la perte d’un bon père doit vous être sensible. Votre lettre m’a louché jusqu’aux larmes, et je voudrais bien pouvoir vous donner quelque consolation. La distraction vous serait peut-être nécessaire, et vous pourriez, mon cher ami, lorsque les oiseaux seront finis, venir passer quelque temps auprès de moi. Je crois que mon fils pourra bien obtenir un congé pour y venir dans le mois prochain, et il serait peut-être possible de vous arranger avec lui pour faire le voyage, en le prévenant que vous payeriez votre portion pour la poste, car il est toujours ruiné. Je ne suis pas encore entièrement quitte des impressions d’une colique d’estomac qui m’a fort incommodé, et dont j’attribue la cause aux inquiétudes que m’a données la maladie de mon fils. Il ne faut pas le laisser partir

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avant qu’il ne soit parfaitement rétabli; il compte d’avance que ce sera pour le premier de septembre; mais tous mes amis me feront plaisir de l’engager à retarder de huit ou quinze jours.

En remettant à l’imprimerie cette feuille, qui n’est venue qu’au bout de quinze jours, je vous prie de dire à Werkaven que je suis très peu content de ce qu’il va si lentement sur ce second volume des minéraux , qu’il faut tâcher de finir dans le courant d’octobre, et cela serait possible s’il voulait seulement donner deux ou trois feuilles par semaine.

J’ai fait votre commission auprès de madame Daubenton, qui vous fait ses compliments; elle n’a pas encore reru réponse de madame Necker.

Au reste, mon cher ami, je n’insiste pas sur ce que vous veniez à Montbar, parce que je sens que dans ces premiers temps votre respectable maman et votre aimable sœur ont besoin de se consoler avec vous ; faitesleur mes plus tendres amitiés, et soyez sûr de la part sensible qne je prends a votre commune affliction 1.

Montbar, ce 17 août 1783.

1 Ces Lettres à l’abbé Bexon sont tirées du Conservateur ow Recueil de morceaux inédits, etc., par François (de Neufchàteau ), tome 1, pages 101 et suivantes.

LETTRES DIVERSES

LETTRE Irel.

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