‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 228 sur 236 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

A toutes les bontés dont vous m’honorez, monsieur, à la part que vous daignez prendre à ce qui me regarde, je ne puis répondre que par des sentiments de la plus vive et de la plus sincère reconnaissance. On m’a fait ici mille fois plus d’honneur que je ne mérite; on a hâté la vacance de la place que je remplis à, l’Académie; on m’a. préféré a des concurrents distingués. Tous ces avantages, dont je me sens si peu digne, n’auraient peut-être pas trouvé grâce à des yeux aussi éclairés que les vôtres ; ainsi je tâchais de les supprimer, au hasard d’être grondé, comme vous l’avez fait. Permettez-moi de vous remercier, monsieur, de ces bons sentiments, et de vous supplier de me les conserver.

Je vous rends grâces de la quittance que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Vous trouverez, monsieur, cijointe la reconnaissance de M. Bailly, pour toucher ce

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qui reste de l’année de gages. Je complais vous envoyer en même temps l’argent que je dois recevoir au premier jour des gages de secrétaire, et que l’on m’a promis de me faire toucher ici ; mais on me remet de jour en jour. Le prix du loyer de ma maison a été employé, ce premier semestre, à payer quelques dettes que j’avais à Dijon ; mais, dans la suite, nous nous arrangerons à cet égard. Ce qu’il y a, c’est que je reçois mon loyer a deux termes, et que par conséquent je ne pourrais m’empêcher de vous supplier d’attendre une partie de votre rente pendant six mois, au cas que je chargeasse M. le procureur général de votre payement. Le libraire s’était trompé d’abord en ne me demandant que vingt-cinq francs pour les trois derniers volumes de Y Histoire généalogique : ils en coûtent trente-trois. Je vous envoie ci-jointe la quittance du libraire ; on les a remis depuis longtemps chez le sieur Martin. J’ai déjà fait partir la note des trois livres d’Angleterre que vous souhaitez, monsieur; car on attend toujours trop longtemps les livres de ce pays-là. Si nous n’avons pas guerre avec ses compatriotes, milord duc de Kingston restera à Paris au moins un an. Je vous enverrais dès demain les mémoires de Pétersbourg; mais comme j’étudie quelques questions qu’ils contiennent, auriez-vous la bonté de les attendre jusqu’au printemps ? Comme nous ne convenons pas des faits, M. Bourguet et moi, je pense qu’il est inutile de lui répliquer; mais je suis étonné qu’il assure les animalcules dans la semence des femelles, et d’autres choses de cette espèce qui sont toutes reconnues différentes de ce qu’il avance, par des expériences réitérées. Il paraît depuis quinze jours un petit écrit en forme de gazette, ou plutôt de feuilles de Spectateur , intitulé : le Cabinet du Philosophe. On n’a pas goûté cet ouvrage.

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LETTRES DIVERSES

M. Marivaux a donné aussi une brochure qui fait le second tome de la Vie de Marianne. Les petits esprits et les précieux admireront les réflexions et le style. La pièce de Voltaire ne peut se soutenir et ne se soutient pas, avec tous les raccommodages qu’il y a fails. Enfin , pour finir, j’aurai l’honneur de vous dire que je vais, au premier jour, faire imprimer une traduction, avec des notes, d’un ouvrage anglais de physique qui a paru nouvellement , et dont les découvertes m’ont tellement frappé et sont si fort au-dessus de ce que l’on voit en ce genre, que je n’ai pu me refuser le plaisir de les donner en notre langue au public; c’est un in-4° d’environ 300 pages.

Adieu, monsieur. Honorez-moi toujours de vos bontés, et croyez-moi avec rattachement le plus respectueux, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

BüFP€N.

Paris, le 8 février 1739.

LETTRE IIIe E

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