‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 231 sur 236 · A MADAME LA COMTESSE DE GENLIS · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DE GENLIS

Je ne suis plus amant de la nature; je la quitte pour vous, madame, qui faites plus et qui méritez mieux. Elle ne sait que former des corps, et vous créez des âmes. Que la mienne n’est-elle de cette heureuse création ! J’aurais ce qui me manque pour plaire, et vous jouiriez avec plaisir de mon infidélité. Pardonnez-moi, madame, ce moment de délire et d’amour. Je vais maintenant parler raison.

Votre charmant Théâtre m’a fait autant de plaisir que si j’étais encore dans l’âge auquel vous l’avez consacré. Vieux et jeunes, grands et petits, tous doivent étudier ces tableaux si touchants où les vertus données par l’éducation triomphent des vices et des ridicules. Chaque trait porte l’empreinte de votre âme céleste. Vous l’avez peinte en chaque scène , sous un emblème différent et sous la morale la plus pure. Une connaissance parfaite du monde, toutes les grâces de l’esprit et du style ont conduit aussi vos pinceaux; et, quoique vous n’ayez pas parlé de Dieu, je crois néanmoins aux anges. Vous êtes un de ceux qu’il a le mieux doués. Recevez, en cette qualité, toutes mes adorations; nul mortel ne peut vous en offrir de plus sincères.

1 Tirée de la Correspondance de Grimm,tomeX, page 279 (édition de 1830).

LETTRES DIVERSES. 355

LETTRE VIIIe1.

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