I. — Hypothèse des germes accumulés
«Sans nous attacher, dit Buffon, à la génération de l’homme ou à celle d’une espèce particulière d’animal, voyons, en général, les phénomènes de la reproduction ; rassemblons des faits pour nous donner des idées 1 et faisons l’énumération des différents moyens dont la nature fait usage pour renouveler les êtres organisés. Le premier moyen , et le plus simple de tous, est de rassembler dans un être une infinité d’êtres organiques semblables, et de composer tellement sa sub-
1. « Rassemblons des faits pour nous donner des idées. » Je prie que l’on remarque ces paroles, et je les rappellerai plus d’une fois, car elles sont l’expression du procédé le plus habituel de Buffon : il rassemble, il combine des faits pour ne donner des idées.
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stance, qu’il n’y ait pas une seule partie qui ne contienne un germe de la même espèce, et qui, par conséquent, ne puisse elle-même devenir un tout semblable à celui dans lequel elle est contenue.»— «Cet appareil, continue-t-il, paraît d’abord supposer une dépense prodigieuse et entraîner la profusion ; cependant ce n'est qu’une magnificence assez ordinaire à la nature, et qui se manifeste même dans des espèces communes et inférieures, telles que sont les vers, les polypes, les ormes, les saules, les groseilliers et plusieurs plantes et insectes dont chaque partie contient un tout, qui, par le seul développement, peut devenir une plante ou un insecte b »
O11 voit assez quels sont ici les faits sur lesquels Buffon s’appuie. Au moment où il imaginait son système, Trembley venait de publier ses expériences sur les polypes, Bonnet publiait ses expériences sur les vers d’eau douce. Des polypes, des vers avaient été coupés par morceaux, et chaque morceau avait reproduit un ver, un polype entier. Tous les esprits étaient occupés de ces étonnantes merveilles. Buffon vit ces beaux faits ; et, presque aussitôt, il y vit le premier anneau de toute une nouvelle chaîne d’idées , de tout un nouveau système ; mais il n’y vit ce premier an-