‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 37 sur 236 · Tome II, page · texte numérisé non relu

Tome II, page

3. « Un corps organisé dont toutes les parties seraient semblables à lui-même, comme ceux que nous venons de citer, est un corps dont l’organisation est la plus simple de toutes, car ce n’est que la répétition de la même forme,.. » (Tome 11. page 47),

SIR LA GÉNÉRATION. 6 I

que l’assemblage de petits individus semblables1; un polype n’est qu’un composé d’autres polypes '2; idée singulière et que les mêmes faits donnent pourtant, presque en même temps, à Buffon et à Bonnet3, après l’avoir donnée à Béaumur.

Avant Buffon, avant Bonnet, Béaumur avait, en effet, proposé la conjecture des germes caches et accumulés ; mais il ne l’avait proposée que pour ce qu’elle est, que pour une conjecture.

c( Tout ce que nous pouvons avancer de plus commode et peut-être de plus raisonnable, dit Béaumur dans son beau Mémoire sur la reproduction clés jambes de l’écrevisse 4, ce serait de supposer que ces petites jambes que nous voyons naître

1. a L’individu total est formé par l’assemblage d’une multitude de petits individus semblables... » (Tome 11, page 25).

2. « .... Il paraît plus aisé de concevoir comment un cube de sel marin est nécessairement composé d’autres cubes, que de voir qu’il soit possible qu’un polype soit composé d’autres polypes; mais examinons... » (Tome il, page 21).

3. « 11 faut reconnaître, dit Bonnet, que les germes sont répandus universellement dans tout le corps de l’arbre. Cette conséquence est très légitime, puisqu’il ne s’y trouve aucun point d’où il ne puisse sortir, ou d’où l’on ne puisse faire sortir des radicules et des bourgeons... » ( Tome III, page 209). «Les germes de nos vers, dit-il encore, sont répandus dans tout le tronçon. L’expérience le démontre, puisqu’en quelque endroit du tronçon qu’on fasse la section, il reproduit de nouveaux organes. » (Tome 111, page 240).

4. Mémoires sur les diverses reproductions qui se font dans les écrevisses , les homards, les crabes , etc et, entre autres , sur

SYSTÈME DE BUFFON

étaient chacune renfermées dans de petits œufs, et qu’ayant coupé une partie de la jambe, les mêmes sucs qui servaient à nourrir et faire croître cette partie sont employés à faire développer et naître l’espèce de petit germe de jambe renfermé dans cet œuf. Quelque commode après tout que soit cette supposition, peu de gens se résoudront à l’admettre. Elle engagerait à supposer encore qu’il n’est point d’endroit de la jambe d’une écrevisse où il n’y ait un œuf qui renferme une autre jambe, ou, ce qui est plus merveilleux, une partie de jambe semblable à celle qui est depuis l’endroit où cet œuf est placé jusqu’au bout de la jambe, de sorte que, quelque endroit de la jambe que l’on assignât, il s’y trouverait un de ces œufs, qui contiendrait une autre partie de jambe que celle qui est contenue dans l’œuf qui est un peu au-dessus ou dans celui qui est un peu audessous. Les œufs qui seraient à l’origine de chaque pince, par exemple, ne contiendraient qu’une

celles de leurs jambes et de leurs écailles ( Mémoires de V Académie des sciences, année 1712). Ce mémoire est de 17 12; les premières expériences de Trembley sur le polype sont de 1740 ; les premières expériences de Bonnet sur les vers d’eau douce sont de 1741 ; les premiers volumes de Buffon sont de l74(J les idées de Bonnet sur les germes se trouvent surtout dans ses Mémoires sur les salamandres, 1 777-78-80, et dans ses Considéra lion s sur les corps organisés, i7G2.

SUR LA GÉNÉRATION

pince; près du bout des pinces, il en faudrait placer d’autres qui ne continssent que des bouts de pinces. Peut-être aimerait-on mieux croire que chacun de ces œufs contient une jambe entière : mais ne serait-on pas encore plus embarrassé lorsqu’il faudraitrendre raison pourquoi de chacune de ces petites jambes il n’en renaîtrait qu’une partie semblable à celle que l’on a retranchée à l’écrevisse. Ce 11e serait pas même assez de supposer qu’il y a un œuf à chaque endroit de la jambe de l’écrevisse, il faudrait y en imaginer plusieurs, et nous ne saurions déterminer combien. Si l’on coupe la nouvelle jambe, il en renaît une autre dans la même place. Enfin, il faudrait encore admettre que chaque nouvelle jambe est, comme l’ancienne, remplie d’une infinité d’œufs qui chacun peuvent servir à renouveler la partie de la jambe qui pourrait lui être enlevée l. »

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