Tome I, page
M UOAMSMU
Parler, c'est convenir d’un signe. On se parle par sons, par gestes, par figures, par lettres, par toutes sortes de signes. L’écriture est une langue.
«Tout est bon, 'dit Bossuet, pour avertir l’homme, pourvu qu’on s’entende avec lui L »
On a beau me dire que l’animal a des cris distincts pour la douleur, pour la joie , pour toutes les émotions physiques. Ces cris sont naturels, et ne sont pas convenus : ces cris ne sont pas des signes.
L’animal ne sort jamais du physique. Pour parler, il faut sortir du physique. Le son vient de l’organe ; le signe vient de l’idée ; l’idée vient de l’àme. L’animal n’a que des sensations : l’homme seul a des idées.
Condillac dit que l’idée n’est que la sensation qui se transforme 1 2. Condillac se trompe. Ce qui sépare la sensation de l’idée, ce n’est pas seulement une transformation , un changement de forme : c est un changement de nature. Passer de la sensation à l’idée , c’est passer du physique au métaphysique, du corps à l’esprit, de la matière à l’âme.