‹ Histoire Des Trois Derniers Princes de la Maison de Condé Prince de Condéduc de Bourbonduc D'EnghienChapitre 11 sur 40 · L'empereur d'Allemagne était aussi roi de Hongrie · texte numérisé non relu

L'empereur d'Allemagne était aussi roi de Hongrie

2. Le général marquis de La Fayette, l'un des plus frappants exemples de l'instabilité populaire. D'abord l'idole de la Révolution et de la garde nationale, puis quand il n'ose plus se prêter aux violences et aux crimes, le jouet des Jacobins et peut-être leur martyr. Accusé de lâcheté par les uns, de trahison par les autres, La Fayette se vit obligé, pour échapper aux bourreaux,

qu'on assure réunis, on ne doute pas que les Électeurs ne nous armassent sur-le-champ»

Il nous est arrivé]hier au soir plus de quinze cent mille francs, mais tout en lettres de change à terme. La plus courte est à six semaines ; au reste cela peut se négocier, mais cela ne donne pas de quoi arroser pour le moment.

Le roi de Prusse veut que le débit de ses quatre cent mille francs passe par les mains d'un commissaire qu'il envoie à Darmstadt ad hoc. Le général Schonfeld arrive demain ou après-demain, avec deux millions cinq cent mille d'écus en or pour les approvisionnements de l'armée prussienne. C'est celui-là qui serait bon à voler. Le roi arrive ici le 21 juillet, et le duc de Bhinswick le 4.

d'abandonner son armée, et de passer à l'ennemi avec quelquesuns de ses partisans. Les Autrichiens lui surent très-peu de gré de cette désertion, et il fut enfermé dans la citadelle d'Olmutz.

La Fayette est le créateur de la garde nationale. Il la fit à son image, il lui donna son caractèrs. La garde nationale est restée marquée de cette estampille. Quelques bonnes intentions et une masse de mauvaises actions composent l'histoire de cette institution civico-militaire. La Fayette avait passé à l'ennemi pour se dérober aux commissaire» nationaux, venant l'arrêter au, nom. du peuple. Mais La Fayette avait du sang révolutionnaire dans les veines. Au milieu de toutes les circonstances, il se montrait toujours prêt à mettre au service de la Révolution son panache tricolore et ses indécisions politiques. Il fut acclamé par la chanson et par le Moniteur le héros des Deux-Mondes et le sauveur de la liberté» Avec des idées fausses, un- bon cœury beaucoup d' esprit et un besoin insatiable de popularité, ce patriarche de toutes les insurrections fit un mal immense à Louis XVI, à la République^ à l'Empire et à la Restauration. Il finit par bâcler la royauté bourgeoise de 1830; et, comme Benjamin Constant, il mourut de son ingratitude.

Tous nos approvisionnements vont bien ; mais je parierais bien que toutes ces bonnes façons du roi de Prusse serviront de prétextes pour l'attendre, de peur de lui déplaire.

Du même au même.

A Coblentz, ce 4juin 1792.

Rien de mieux que ce que vous avez fait, pour l'affaire des Tschoudy !, il faut espérer que cela en restera là.

Je ne suis pas fâché de la crise de votre pied ; cela peut effectivement vous soulager tout à fait. 11 me semble que tout le monde est bien hypothéqué à Bingen.

Sans doute il faut que votre fils aille jeudi à la procession ; j'avais compté y aller moi-même, mais un grand conseil, assemblé aujourd'hui exprès pour décider sur le titre à prendre, ou à ne pas prendre et où l'on a parlé de tout, excepté de cela, a fait remettre la chose à demain. Ce qui me force à rester, mais jeudi rien ne m'arrêtera.

Si mes nouvelles n'ont pas eu la fièvre tierce, c'est qu'elle aura un peu dégénéré en quarte. La disette

1. Les Tschoudy formaient une nombreuse famille servant très-bravement et à différents titres dans l'armée deCondé.

et le chaos où est tout ceci nous minent peu à peu, et, malgré toutes les bonnes volontés, nous sommes toujours à la veille d'écrouler.

Nous avons reçu ce matin au conseil, un staffette1 de M. de Lambesc. Il confirme les bonnes dispositions du duc de Brunswick; mais il dit, avec l'air de n'en être pas content, qu'il y a eu un troisième plan substitué sans doute au second que M. de Bouillé avait apporté et qu'il croit que c'est à l'instigation de la cour de Vienne. Il dit qu'on le lui a communiqué et il ne l'envoie point, et il ne dit pas un mot de ce que c'est. On lui renvoie un courrier demain matin pour le faire expliquer ; d'un autre côté le chevalier de Roll, nous a fait une lourde sottise. Il a dit de son chef au ministre de Prusse qui a dû le mander tout de suite à Pétersbourg que nous aimerions mieux que l'Impératrice nous envoyât l'argent que doivent lui coûter les dix-huit mille Russes, pour lesquels elle a demandé le passage en Silésie, que les dix-huit mille hommes même. Il n'y a rien de si impolitique que cela.

Premièrement, parce que cela déplaira à l'Impératrice; deuxièmement, parce que rien ne nous serait si utile, que des troupes incorruptibles par leur valeur et par leur langue, franchement et purement royalistes par la volonté bien décidée de leur sou-

1. Le prince de Condé se sert toujours de ce mot un staffette pour dire une estafette. Le duc d'Enghien suit son exemple. Nous avons cru devoir conserver partout cette locution.

veraine, qui s'opposera toujours à tout démembrement et nullement dangereuses à garder quelque temps, si Ton en a besoin. Il n'en est pas de même des autres> mais le chevalier de Roll n'a vu que l'inutilité de dix-huit cents à ajouter à deux cents mille; on écrit sur-le-champ à l'Impératrice pour désavouer le chevalier de Roll.

Le roi de Prusse demande la communication du manifeste; je n'y vois pas grand inconvénient pour lui, mais il faut donc le communiquer aussi à Vienne, car il le lui ce ►mmuniquera sûrement. Alors on nous le sabrera de la bonne manière, et nous serons ou plats ou offensants. Cela nous embarrasse, et je parierais que cela ira à la communication ; mais ce n'est pas là le seul retard. Il s'en prépare bien un autre; le duc de Brunswick fait proposer, par la dépêche d'aujourd'hui, une entrevue entre Bablot et Hortensius d'un côté; l'Atelier et lui de l'autre. Bablot a sauté là-dessus avec joie et accepte sur le champ. Le Duc l'a déjà proposé à l'Atelier et en attend la réponse demain. Mais nous croyons qu'elle sera dilatoire, parce que l'Atelier aura voulu consulter Curtius, ce qui pourra bien faire manquer la chose. Au reste on sera forcé de faire un mouvement à la fin de ce mois, ou je suis bien trompé ; et cela par deux raisons.

La première c'est que l'Électeur désire qu'on évacue Coblentz avant l'arrivée des Prussiens, tant à cause de l'embarras des quartiers, que de l'ex-

trême cherté que cela mettrait dans les vivres, et qu'alors on permettra Trêves : ce qui serait très-bon. (Mais l'argent.)

L'autre raison, c'est ce qui se passe à Paris, que je crois que vous ne savez pas encore. Toutes les le ttres et* les papiers publics du 31 disent que la garde du Roi a été licenciée, que M. de Brissac1 a été enlevé dans la nuit, et mené à Orléans, et le scellé mis sur ses papiers; que de plus MM. d'Hervilly et de Pont-l'Abbé sont arrêtés ou en fuite. On n'en est pas bien sûr; on dit en outre qu'on va aller plus loin; suspendre le Roi de toutes fonctions et enfermer la Reine au Val-de-Grâce, Or si cela arrive, comment se taire, comment ne pas prendre un titre sur le champ et sans consultation ? Toute cette histoire de garde s'est faite sans la moindre opposition ; et la garde nationale est en possession du château. 11 est sur que cela peut faire tout craindre.

Nous savons que Curtius annoncera dans son manifeste qu'il ne prend point les armes pour faire une contre-révolution (parce que, dit-il, ce nom est odieux au peuple) mais seulement pour repousser son injure. Ce qui fera, comme vous voyez, qu'il

1. Louis- Hercule-Timoléon de Cossé.duc de Brissac, commandant de la garde constitutionnelle du Roi, fut décrété d'accusation en 1792 comme prévenu de fidélité à ses devoirs. Transféré d'Orléans à Versailles, il fut massacré avec les autres prisonniers. Le duc de Brissac était aussi brave que vigoureux. Il lutta contre ses bourreaux, reçut plusieurs blessures et tomba abattu d'an coup de sabre.

pourra, s'il veut, démembrer, conquérir la France, sans avoir, selon lui, rien à se reprocher; mais soyez tranquille, cela ne sera pas. Nous en avons la plus grande certitude, de la part de la Prusse et de la Russie.

Du même an même.

A Coblentz, ce 20 juin 1792.

Soyez tranquille, Kellermann n'entrera point dans les Deux-Ponts, et je vais vous le prouver : 1° (chose incroyable) Aubertin n'a aucune mission, ni de Bablot, ni d'Hortensius, qui m'en ont parlé les premiers et qui sont du plus grand étonnement de la proposition qu'il a mise en avant. En voici la suite : Kellermann a fait dire au duc que s'il ne consentait pas à laisser lever ou rassembler dix mille hommes dans ses États, il le brûlerait. Le duc (ne pouvant pas faire autrement, il faut être juste) y a consenti ; et, à ce prix, Kellermann se tient tranquille. C'est PfefTel qui mande celaàHortensius, en ajoutant que le duc, qui ne varie point pour la bonne cause, a envoyé sur-le-champ un courrier à Berlin , pour presser le roi de Prusse de le tirer d'embanas. Aubertin n'a pas même été envoyé d'ici, c'est M. de Berchiny qui l'a placé sur la frontière pour recevoir ses hussards.

Après avoir envoyé chercher en grande hâte Hortensius et moi, on s'est bien vite dépêché d'expédier la réponse du courrier avant notre arrivée, et je m'en doutais bien. Au reste, on a fort animé Bablot contre Bingen ; on lui a dit qu'il y régnait un mauvais esprit ; il parle de m'ôter des compagnies pour m'en donner d'autres. J'ai été hier deux heures et demie avec Hortensius et lui, et j'ai été ferme. Il a voulu justifier le règlement; je l'ai blâmé très-haut. L'intrigue redouble contre moi, mais il ne s'ensuit pas moins qu'il faut que ma division soit très-sage dans ses propos. Sans cela, on me perdra, on me forcera à me perdre moi-même en quittant tout plutôt que d'élever, dans un moment comme celui-ci, autel contre autel. J'ai prouvé qu'il n'y avait pas de corps plus soumis que le mien, qu'on s'exposait aux murmures en ne me consultant jamais sur les choses les plus essentielles, avant de les produire, que je connaissais mieux l'esprit de la noblesse que le maréchal, etc. En tout je n'ai cédé sur rien, et Hortensius m'a appuyé. J en suis là, et il n'y a point encore debrouilierie.

Le duc de Brunswick auprès duquel il est clair, comme vous l'avez fort bien vu, que Lambesc m'a travaillé, chose dont je vais faire avertir M. de Bouille, exige que les Princes sortent de Coblentz au 1fr juillet. Sa note leur donne le pays entre la Lahn et le Mein ; mais on a obtenu des officiers prussiens,

qui ont tous pouvoirs, qu'ils se porteraient sur la Nahe; ce qui est bien. Moi, ou je ne remuerai pas, ou je me porterai un peu en avant, et je ferai repasser mes quartiers de la rive droite, que les gardes du corps viendront occuper. Tout cela ne sera bien décidé qu'aujourd'hui ou demain. Il paraît qu'on fera agir les princes sur la Sarre, et les Prussiens sur Thionville et Metz. Mais comment les premiers vont-ils se remuer sans argent ? c'est ce que j'ignore. L'aperçu du projet est que leur quartier général soit à Simmern ou Bingen.

Vous n'avez pas d'idée de la jalousie qu'on souffle ici ; et si l'on pouvait m'envoyer en Suisse ou en Flandre, je serais l'homme le plus heureux du monde, pourvu que je fusse loin ; car je prévois qu'on va tant me chicaner, me picoter, me vexer, que cela finira mal!

Le prince de Coudé an dnc de Bourbon.

Coblentz, le 22 juin 1792.

Je ne vous ai pas écrit hier au soir parce que je n'ai pas eu un moment à moi. Nous avons eu neuf heures de conseil, et je n'aurais rien pu vous mander avant onze heures du soir. Tout est changé ou du moins arrêté pour le moment. Vous n'avez pas d'idée de l'atrocité que Curtius nous fait. Jusqu'à présent

il nous avait chicané, Tetardé, vexé; à présent, il nous vole dans toute l'étendue du terme. Nous allions toucher quinze cent mille francs sur son cautionnement. Ils étaient prêts, ils partaient : nous avions les lettres d'avis. Nous apprenons hier matin par les banquiers qu'ils ont reçu ordre de verser ces quinze cent mille francs dans le trésor de Bruxelles. Mandrin en aurait-il fait davantage? De là désolalion, consternation dans le conseil; de là impossibilité totale de se remuer. Communication aux officiers prussiens, qui ont senti cette impossibilité; courrier à l'Atelier, au duc de Brunswick, mais, en attendant, nécessité de retarder les colonnes prussiennes qui, de leur côté, enverront arrêter les Autrichiens, parce qu'il est convenu qu'on ne doit marcher que de concert. Ainsi ce vol arrête deux cent mille hommes sur cul et dérange toute l'Europe : cela peut-il se concevoir? Cependant l'excès même de ce dérangement sauvera vraisemblablement les suites, parce qu'il est vraisemblable qu'il va décider l'Atelier à envoyer l'argent tout de suite : alors rien ne sera retardé que de dix à douze jours.

Il est décidé, — mais il ne faut pas le publier encore, — que 29 (c'est-à-dire les Princes) viennent à Bingen. Les Prussiens n'ont pas voulu, mais fort honnêtement, que je m'avançasse autant qu'à Meisenheim. Nous serons à Neubamberg ou Creutznach et environs. On craint de faire brûler le duché des Deux-Ponts; mais pour le Palatin, les Prussiens pen-

kk HISTOIRE DES TROIS DERNIERS PRINCES

client beaucoup à nous faire établir chez lui degré ou de force; ils ne l'aiment pas.

Du même au même.

A Bingen, ce 3 juillet 1792.

Les Princes paraissent un peu effrayés du malaise qu'on leur prédit dans le séjour de Bingen ; cependant ils y comptent encore et Dieu veuille qu'ils y aillent, d'après ce que je vous dirai tout à l'heure. On a fait partir hier au soir M. de Sérent l'aîné, avec une lettre pour l'électeur de Mayence, afin de tâcher de lever toutes les difficultés; mais, d'après ce que m'a dit Virieu, il sera inébranlable ; et je crois que le départ des Princes pourrait bien être retardé. Le landgrave de Darmstadt refuse aussi , et on ne sait que faire. Demain nous serons plus savants, comme vous le verrez par mon billet à Crénolle. Les Princes envoient ce soir complimenter le duc et lui dire que c'est la crainte de l'importuner qui les empêche d'aller le voir dès ce soir, mais qu'ils iront demain matin. Ils s'attendent qu'alors il viendra. Vous sentez bien que je ne peux pas y aller ce soir, sans donner le soupçon de vouloir le prévenir; mais j'ai chargé le général Schonfeld, qui n'était point chez les Princes, quand j'y suis arrivé et qui y est accouru

DE LA MAISON DE CONDÉ. kb

quand il a su que j'y étais, à ce qu'il m'a dit en perçant la foule pour venir à moi, de dire au duc (de Brunswick) de ma part ce qu'il fallait.

Dès que je suis arrivé, les Princes ont quitté rassemblée et m'ont amené dans un cabinet. Là, ils m ont dit une chose qui les inquiète beaucoup, et moi encore plus qu'eux. C'estqu'à travers toutes les politesses, toutes les honnêtetés du duc qui s'étend en éloges sur nous trois, même sur les maréchaux, il paraît assez clair qu'il s'en tient à sa première note qui nous renvoie de l'autre côté du Rhin. On espère cependant encore lui faire entendre raison ; c'est ce que nous verrons demain. Les Princes m'ont ajouté que le duc entendait commander 1 armée des Emigrés comme les autres. Quant à cela, j'en suis enchanté : j'aime bien mieux être à ses ordres (et les Princes y seront aussi) qu'à ceux du maréchal , et j'ai bien quelques avantages ^is-à-vis du duc, pour me faire honneur de ne lui rien disputer.

Voici ce qu'il y a de pis. Mallet Dupan* est chargé

1. MalletrDupan, né à Genève, en 1749, écrivain politique, le seul peut-être qui, comme Joseph de Maistre, ait si bien deviné et démasqué les manœuvres, les crimes et les conséquences de de la Révolution. Mallet-Dupan était en outre un habile diplomate. En 1792, ainsi que l'indique le prince de Condé, il fut chargé d'une mission secrète auprès de l'empereur François et du roi de Prusse. Ce grand polémiste était d'un désintéressement antique et d'une probité inattaquable. Bonaparte se fit son ennemi; il obligea les cantons Suisses à lui refuser l'hospitalité et Mallet-Dupan se retira près de Londres où il mourut de consomption, le 10 mai 1800.

parles Tuileriesde prier les Puissance s et le duc (eton a donné au premier un mémoire pour cela) de nous empëcherde donner un manifeste, deneparler dans le leur que des Jacobins (ce qui me paraît impossible), et de nous tenir le plus possible sur les derrières, attendu, disent les Tuileries, que notre approche ferait égorger tous les aristocrates de France. Le Castries, qui arrive aujourd'hui, soutient Mallet Dupan, qui est à Francfort pour parlera Curtius, et qu'on a mandé ici ; mais on croit qu'il n'y viendra pas. Nous pénétrerons demain quels sont les projets, mais je ne doute pas un instant que les Puissances ne favorisent plutôt les Tuileries que nous. Dans tous les cas, nous allons être complètement esclaves; il faut s'y attendre.

Par les soins de l'impératrice Catherine, nouB avons touché un million de l'argent retenu à Bruxelles ; mais Curtius y met l'honnêteté d'envoyer un . commissaire exprès pour s'assurer ici de l'emploi qu'on en fera.

Bingen, ce 3 juillet 1792, à minuit.

L'horizon s'éclaircit ; sur la lettre des Princes qu'attendait le duc (de Brunswick) à Horchein, il est

parti sur-le-champ pour venir les voir. Nous ne l avons su qu'un quart d'heure avant son arrivée; heureusement que tout le monde a eu le temps de se rassembler. Il est arrivé ce soir à neuf heures et demie ; les Princes ont été au-devant de lui jusqu'à la porte de la rue, et dès qu'il a paru, nouB avons lait quelques pas en avant. Il nous a embrassé tous trois. De là, Monsieur Ta pris par la main ; nous avons suivi Monsieur, le comte d'Artois et moi. Entrés dans un des salons, au milieu de la foule, beaucoup de compliments de part et et d'autre; les Princes lui ont présenté leur Maison et les officiers généraux ; conversation complimentaire pendant un quart d'heure environ. Il a dit au maréchal de Broglie et à moi qu'il avait passé la journée d'hier dans des champs couverts de notre gloire à touB deux. Nous sommes entrés dans le cabinet tous les quatre; le maréchal et M. de Lambesc1. Le prince Xavier* est arrivé un moment après; nouveaux compliments. Quelques questions sur le mouvement actuel ; il est décidé que les Princes iront à Bingen. Ma place ne l est pas encore^ je n'ai pas voulu passer dans ce premier moment; cela sera' déterminé à l'entrevue de demain. On n'a presque pas parlé de moi ; il n'a pas>trop repoussé Creirtznach. Cependant il est encore» incertain sur le Palatmat, et il ne presse point

1. Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, plus tard duc d'EIbeuf.

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