‹ Histoire Des Trois Derniers Princes de la Maison de Condé Prince de Condéduc de Bourbonduc D'EnghienChapitre 15 sur 40 · Le roi de Prusse, toujours indécis, toujours ambitieux · texte numérisé non relu

Le roi de Prusse, toujours indécis, toujours ambitieux

soutenir la guerre. Cela n'a pas l'air d'avoir grande envio de la continuer. Vraisemblablement le mois ne se passera pas que nous ne soyons éclairés sur tout cela, comme sur tout ce qui se passe à la Vendée, ainsi que sur notre destination. Il serait bien temps de savoir sur quoi compter. Je vous embrasse, mon cber ami, comme je vous aime.

Du même an même.

A Rothenbourg, ce 7 février 179<i.

J'ai reçu hier par votre stafette, mon cher ami, votre lettre du 5 et les bulletins confirmatifs du bon état do d'Enghien1. Ainsi nous voilà tous délivrés de cette mortelle inquiétude.

mais toujours obéissant aux vues envahissantes de ses ministres, aux caprices de ses maîtresses ou à leur avidité, mettait à son cours politique et militaire des conditions telles que la France monarchique ou révolutionnaire les aurait repoussées d'instinct. La Prusse réclamait l'Alsace comme terre allemande, la Lorraine comme annexe de ce qu'elle appelait des compensations sur le Rhin. Aux premières ouvertures indirectes, le prince de C ndé déclara qu'il n'avait pas à en entendre plus long et que tous les princes de la maison de Bourbon aimeraient mieux rester perpétuellement en exil que de signer la déchéance de leur patrie.

A Uter de ce jour-là, la paix avec la République fut dans les

x et les aspirations de l'entourage du roi de Prusse, î. Le duc d'Enghien venait d'être asseï sérieusement indisposé.

Vous verrez par ce que je vous envoie qu enfin, au bout d'un an, j'ai gagné pour vous deux un procès qui devait être fini en vingt-quatre heures. Vous voilà lieutenant général, et d'Enghien, maréchal de camp, du premier février 1 793. Ainsi faites mettre tous les deux des étoiles de plus à vos épaulettes (vous, trois, et d'Enghien, deux); si vous n'avez pas de brodeurs à Rastadt et à Carlsruhe, il y en a un très-bon à Manheim. Il faut vous adresser pour cela à M. Steingel, marchand, place du Marché, à Manheim. Ce n'est que des étoiles toutes brodées à demander; votre valet de chambre les coudra fort bien sur vos épaulettes. Si vous voulez des épaulettes neuves, ilfaut écrire au même homme; c'est un peu cW, cela coûte soixante francs la paire. J'écris tout cela sous la dictée de Cely1. A présent, mon cher ami, mon avis est que vous n'annonciez point cela au public, parce qu'il ne faut pas faire valoir les choses plus qu'elles ne valent, et que vous paraissiez tout simplement un jour tous les deux avec vos épaulettes renforcées d'étoiles. Si on ne les remarque pas, c'est fort égal ; si on les remarque, vous répondrez : « Oui, cela nous était dû au commencement de 1793 ; apparemment que les bureaux en avaient retardé l'expédition, mais cela est réparé. »

Je parlerai de môme de mon côté. J'ai de plus

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