L.-M.-T.-B. d'Orléans
Peut-être vous aveugle-t-on jusqu'à vous faire croire qu'il est beau de s'armer pour la défense de la Religion ; ce projet qui ne peut être digne que de celle de Mahomet, ne convient assurément pas à la Religion chrétienne. Songez, monsieur, que ses plus grands défenseurs sont ceux qui renoncent aux honneurs, aux grandeurs, aux richesses, etc., et qui, bien loin de vouloir répandre le sang, laissent à Dieu le soin de la vengeance, et prient pour leurs persécuteurs.
DE LA MAISON DE CONDÉ. Il
Le duc de Bourbon à M. de Nolives \
Coblentz, ce 22 mars 1792.
Puisque vous êtes à Paris, mon cher Nolives, il faut (si toutefois cela ne vous contrarie pas) que vous me rendiez le service de vous acquitter d une commission dont je vais vous charger, qui demande adresse et intelligence; je ne puis pas mieux choisir. Voici le fait :
Tai reçu hier ici une lettre de Mme la duchesse de Bourbon, qui me mande fort honnêtement qu'ayant appris que mes biens étaient séquestrés et que je devais me trouver dans l'embarras, elle m'offrait de venir dans sa maison et de disposer de ses biens. Cette offre infiniment généreuse est accompagnée d'ailleurs de principes sur les affaires présentes, et en particulier sur la Religion, qui, entre nous soit dit, n'ont pas le sens commun ; comme par exemple de dire que si les choses se passent ainsi, c'est que Dieu le veut; que c'est un crime de s'opposer à sa volonté ; qu'il faut lui laisser le soin de la vengeance, et prier pour ceux qui le persécutent.
II faut vous dire, et vous le savez peut-être, que Mme la duchesse de Bourbon est entièrement livrée