EXALTATION DU JEUNE. U
joug ; il ne faut pas en revenir aux prescriptions de la loi. Les prophètes ont marqué un grand dédain pour tout ce qui n'est que pratique extérieure' . Tertullien répond que rien n'est mieux fait pour accorder de larges immunités à la chair que de réduire la loi au grand commandement de l'amour. Il établit la nécessité du jeûne, d'abord en se fondant sur ce que son contraire a amené la chute. « Il faut, dit-il, que l'homme donne satisfaction à Dieu avec le même élément par le mojen duquel il l'a offensé et s'interdise la nourriture qui l'a fait tomber'. » Que le jeûne soit agréable à Dieu , c'est ce que prouve l'appel plein de douceur adressé à Elle alors qu'il vit de privation sur l'Horeb , surtout si on le compare à l'interrogation sévère adressée à Adam, quand il venait de manger le fruit défendu. Le jeûne facilite les saintes visions comme le prouve l'histoire sacrée depuis Daniel jusqu'à Pierre, et il préparc au martyre, tandis que le manque d'abstinence conduit à l'apostasie par l'amour des jouissances matérielles. Aux objections empruntées à l'Ecriture sainte, Tertullien répond par les révélations du Paraclet qui en étendent légitimement les applications. 11 efface du reste entièrement dans ce traité la distinction entre l'Ancien et le Nouveau Testament, comme on devait l'attendre de son point de vue strictement légal '. Que les athlètes qui luttent contre les bêtes féroces s'engraissent, à la bonne heure, mais autre est la mission du chrétien qui n'a pas à lutter contre la chair et le sang,
' Tertull., De jejuniis, 2.
* « Ui homo per eamdem maleriam causœ satis Deo faciat, per quam offenderat. » [Id., 3.) » Id., c. 6, 7, 8.