‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 11 sur 387 · LE SYMBOLISME DE LA GNOSE · texte numérisé non relu

LE SYMBOLISME DE LA GNOSE

tueux ; il graiite tout entier autour de la jouissance matérielle et il ne se lasse pas de se la représenter à lui-même par les plus grossiers symboles. Transportant le rapport des sexes dans la sphère divine , il ne conçoit ses divinités que par couples ou sygies. Il a beau se raffiner dans le cours des siècles, il ne se transforme pas véritablement. Aussi le retrouvons-nous dans la gnose prétendue chrétienne avec les mêmes préoccupations, reportant dans les vides régions de l'absolu les relations sexuelles qui avaient déparé toutes les mythologies antiques : ce qui n'empêche pas le gnosticisrae de butiner largement dans ces mythologies tour à tour impures ou gracieuses, pour enrichir ses allégories. Au judaïsme il emprunte l'échelle lumineuse où les anges montent et descendent pour y dresser dans les espaces immenses les degrés des émanations qui de l'abîme silencieux descendent jusqu'à l'existence multiple et diffuse de la matière. L'Ancien Testament lui fournira également, mais pour le travestir indignement, le Dieu qui a produit notre monde et tous les êtres d'ordre inférieur qui s'agitent dans sa poussière. La notion de rédemption, non moins défigurée que celle de la création, est prise à l'Evangile, et l'histoire de Jésus devient le plus travaillé, le plus riche et aussi le plus faussé des symboles de la gnose ' . Ainsi les quatre sources principales de la symbolique des gnostiques, sont l'astrologie, les combinaisons numériques, l'anthropomorphisme et l'histoire des religions.

1 Voir sur cette symbolique du gnosticisme, Baur, Die christliche Gnosist p. 230-240.

Page 1