‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 112 sur 387 · D'APRÈS PRAXÉAS, LE PÈRE S'EST INCARNÉ ENJÉSUS · texte numérisé non relu

D'APRÈS PRAXÉAS, LE PÈRE S'EST INCARNÉ ENJÉSUS

son symbolisme tourmenté et fantastique, se tenant plus près des réalités historiques et de la lettre des textes sacrés.

Praxéas fut à Rome le premier représentant de cette tendance. Il venait d'Asie et il portait sur son corps les glorieux stigmates des confesseurs. Aussi trouva-t-il au premier abord un grand crédit auprès de l'évèque Victor; il obtint de lui la condamnation du montanisme. En même temps il commença à propager ses doctrines particulières qui n'allaient à rien moins qu'à identifier si absolument Dieu le Père et Jésus-Christ que Tertullien pouvait dire de lui dans son énergique langage : « Il a chassé de Rome la prophétie et y a introduit l'hérésie, il a mis en fuite le Paraclet et a crucifié le Père '. » En d'autres termes il a fait condamner le montanisme et il a attribué à Dieu même les souffrances de la croix. Cette dernière accusation, qui ne doit être acceptée qu'avec certains tempéraments, a valu à la doctrine de Praxéas le nom de Patripassianisme. Le chef de la secte s'exprimait probablement en langage subtil et métaphysique ; aussi ne fut-il pas compris de suite par les chefs de l'Eglise de Rome, toujours quelque peu étrangers à la philosophie religieuse. C'est ce qui explique la faveur qu'il trouva et qui même profita à ses adhérents après lui. Il commença par formuler le dogme de l'unité divine avec une grande énergie, établissant la monarchie au sens absolu*. Le dogme de la trinité, à l'en croire , brisait l'unité primordiale, car

1 « Paracletum fugavit et patrem crucitixil. » (Tertull.;, Adv. Prax., c. 1 .)

2 « Monarchiam, inquiunt^ tenemus. » (W.,c. 3.)

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