TENDANCE PANTHÉISTE DE SABELLIUS
point conservé une personnalité distincte. En définitive, Sabellius ne reconnaît donc pas plus sa dignité que l'ébionitisrae. Le Saint-Esprit, qui est la forme actuelle de l'activité divine dans le monde, et qui est l'àmc de l'économie présente, rentrera également dans la monade primitive, et avec lui, semblc-t-ii, toute l'existence finie. Bien que Sabellius ne se soit pas exprimé nettement sur ce point, elle a une telle conformité avec la logique de son système, qu'on peut le considérer comme établi'. Il paraît avoir très-peu développé la doctrine du péclré et de la rédemption. Evidemment, pour lui, le salut est l'absorption en Dieu ; la rédemption est un simple développement cosmologique; l'histoire religieuse est l'histoire de la Divinité elle-même, et non les rapports de l'être créé avec le Créateur. Le sabellianisme est en ce point entièrement conforme aux religions orieutales et aux doctrines gnostiques. Le drame de funivers n'a qu'un seul acteur, le Dieu insaisissable, indéfini, impersonnel, qui, en se dilatant, produit le monde, et l'anéantit en rentrant en lui-même. Seulement, Sabellius, averti par la condamnation des gnostiques, surveille son langage et s'efforce de plier le plus possible sa doctrine aux formules de fEglise qui, à cette époque, commence à accepter les idées trinitaires.
1 D'après Epiphane, le Fils rentre dans la monade prinoitive une fois l'œuvre rédemptrice achevée. On peut en conclure que le Saint-Esprit et le mode d'existence qu'il représentey rentrent également. (Voir Epiphane, Hxres., 62.) Du reste Sabellius, d'après Athanase, enseignait formellemont l'extinction en Dieu de la création : OTTrsp y^? ^'■^- ''^ '/.Ticra'. È-AocTÛvO"^, cuTW Trausixévs'j TGJ TTAaT'JSjj.oj r.y.-jzi'.'j.'. y.7.\ 'q -/-'.z'.z. (Athanase, Contra Arian., IV, 13.)