LE MARTYRE DE MATTHIEU
tastiques de la m} thologie indienne, qui sont tout à fait à l'appui du docétisme. LeMartyre de MattJiieu nous présente le même caractère , seulement plus accentué ' . Jésus-Christ apparaît à son apôtre comme un ange du paradis , et il lui tient un langage empreint d'une teinte gnostique très -prononcée, avec une Yoix douce comme la myrrhe de l'amour : « Je suis, lui dit-il, le paradis, le Paraclet, le représentant des yertus célestes, la force des hommes chastes, la couronne des vierges, le fondement de l'Eglise". » L'ascétisme transcendant est ainsi glorifié a\ec une affectation mystique. Matthieu vit de mortification ; il a jeûné pendant quarante jours avant de partir pour sa mission, qui est de planter l'arbre de vie dans la cité des anthropophages. Ceux-ci, dès qu'ils en ont mangé, se civilisent et couvrent leur nudité ; ils sont baptisés dans la source qui jaillit du pied de l'arbre sacré qu'une vigne enlace de ses rameaux. Evidemment, tout le récit avait une portée symbolique. Le martyre de Matthieu, victime de la colère du roi sauvage, est raconté avec de grands détails. Le feu qui doit le dévorer se transforme en rosée pour l'apôtre, mais devient un dragon furieux pour dévorer ses ennemis. L'apôtre finit par succomber; mais son corps et ses vêtements sont intacts , et il suffit aux malades de toucher son lit pour être guéris \
Les Actes de Thomas nous transportent dans cette
1 Les Actes et le martyre de Matthieu sont la continuation des Actes d'André et de Matthieu.
2 'H c6va;x'.; twv àvio cuva-rûv èvà), z ^TÉ^avcç TÔVTrxpOévwv. [Acta et Martyr. Mutth., 2.)
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