LES ACTES DE THOMAS
Inde mystérieuse vers laquelle la gnose se sentait attirée comme vers son berct au * . La prédication de l'apôtre Thomas y est bien inutile, car le christianisme qu'il proclame est digne des brahmanes et des disciples de Bouddha; c'est un fleuve qui remonte vers sa source. Thomas a reçu sa mission de Jésus-Christ; fidèle à son caractère, il ]'a d'abord déclinée par manque de foi; mais il est parti déguisé en ouvrier charpentier, après s'être laissé embaucher par un serviteur du roi de la ville de Goundaphore, qui fait partout chercher des ouvriers pour lui bâtir un palais. Thomas, à peine débarqué sur le continent indien, entre avec son compagnon dans une ville eu fête. On est au moment de célébrer les noces de la fille du roi. Selon les pratiques de l'hospitalité orientale, tous les survenants sont conviés au festin. Thomas refuse de se prêter aux coutumes païennes du pays ; un serviteur le soufflette ; celui-ci est immédiatement dévoré par un lion, au bord de la fontaine où il est venu puiser de l'eau. Une joueuse de flûte, Juive d'origine, apparaît sur la fin du festin. Elle seule comprend l'hymne symbolique entonné par Thomas, à la louange de l'épouse. La jeune fiancée, aux yeux de l'apôtre, est la personnification de cet élément féminin qui joue un si grand rôle dans les systèmes gnostiques, et qui se confond pour eux avec l'Esprit- Saint. Il célèbre sa beauté sur le ton d'un hiérophante, en en faisant le type des mystères du Plérônie. Il compare les déclivités de sa nuque aux degrés inférieurs de l'échelle des émanations. Ses deux mains figurent le chœur
1 Leur antiquité n'est pas contestée. (Eusèbe, H. E., \\\, 25. Epiphane, Hœres., 61.)