BASILIDES
originaire; il est produit, sans doute, par une série de dégradations, mais évidemment il n'est pas absolument mauvais, comme dans la seconde famille des systèmes gnostiques qui le font sortir d'un principe éternellem^ent distinct de la divinité supérieure.
On voit que la notion du Dieu créateur ou du Démiurge trace avec «ne grande netteté la ligne de démarcation entre les diverses écoles, bien qu'il n'y ait pas entre elles de différence radicale, parce que ni les unes ni les autres n'admettent la libre création.
§' II. — Les gnostiques de la xtremière tendance, A. — Basilidès et Isidore.
Nous avons assisté à l'élaboration confuse du gnosticisme au commencement du second siècle. Avec Basilidès nous abordons les systèmes proprement dits, construits conformément aux règles de la dialectique, ou du moins ramenés à une tendance prédominante. Basilidès, né à Alexandrie dans les premières années du second siècle, avait été formé dans les savantes écoles de l'Egypte * ; il semble avoir adopté de préférence les principes de l'école d'Aristote combinés avec l'idée fondamentale du stoïcisme sur l'identité primordiale de l'esprit et de la matière. Plus dégagé que ses succes-
1 Ce point contesté a été mis en évidence par les Philosophoumena. BacOvSto-/]? a^oXâcaç -/a-à rr.v At'Yuz-iOv. (VII, 27.) Saint Jérôme le fait mourir au commencement du second siècle: « Mortuus est temporilins Adriani, » (Catal. ncri/pi. eccleaimt.)
U SYSTÈME DE BASILIDÈS.
seurs des rêveries légendaires qui enveloppaient d'un nuage brillant les idées philosophiques, il a déployé une rare aptitude de métaphysicien subtil, se plaisant dans l'abstraction sans s'y perdre ; un souffle moral anime son système qu'il faut distinguer avec soin des transformations qu'il a subies et qui étaient seules connues jusqu'à ces derniers temps, car les Basilidiens d'Irénée et d'Epiphane n'appartiennent pas à la doctrine primitive qui ne s'est conservée que jusqu'à Isidore, le fils et le disciple fidèle du maître. Celui-ci s'est toujours montré plein de respect pour le Dieu de la nature qui est en môme temps pour lui le Jéhovah des Juifs; il n'a maudit ni l'œuvre ni l'ouvrier tout eu ne voyant dans la révélation historique de la Bible que le piédestal grossier d'une vaste construction métaphysique qui se perd dans le vide. Basilidès prétendait puiser sa doctrine dans un Evangile de l'apôtre Mathias \ C'est à tort qu'on lui a attribué un dualisme tranché qui n'aurait été qu'une reproduction servile du Zend- Avesta. On a pris une déviation de sa doctrine pour son système ^ Le doute n'est plus possible depuis l'exposition claire, méthodique et textuelle que nous
1 ^OLzh siprjxévat MaTÔi'av aÙTotç Aoys'-»? àrrcy.pjssj;. {PhiL, VII, 20.) Voir Grabe, Spicilegiutn, I, 37. 11 se référait également à des autorités païennes complètement inconnues; à un certain prophète Barchor. (Eusèbe, H. E., IV, 7.) Ses principaux écrits paraissent avoir été des commentaires diffus sur les évangiles. Ils auraient composé vingt-quatre livres.
2 On trouve cette assertion dans la Dispulatio Archelai et Manetis, qui attribue à Basilidès des assertions telles que celles-ci : « Initia omnium duo esse, quibus bona et mala associaverunt, ipsa dicentes initia sine initie. »