LES ACTES DE THOMAS
des Bons bienheureux. Le nombre des amis de l'épouse et de ceux de l'époux prend également une valeur symbolique, qui rappelle les Hebdomades et les Ogdoades de la gnose. Thomas voit dans leurs évolutions la ronde éternelle des Eons, quand ils boivent du vin mystique où se noient toute soif et toute faim, et quand ils célèbrent le père de la vérité et la mère de la sagesse '.
Il ne faut pas chercher dans ce chant la précision d'un système, mais s'en tenir à la teinte générale qui est évidemment gnostique. Thomas, sollicité par le roi de bénir les deux jeunes époux sur le seuil de leur chambre nuptiale, leur prêche l'ascétisme absolu dans des paroles qui sont l'écho des préceptes bouddhiques ; il flétrit le mariage, qui n'enfante que pour la douleur, le vice ou la mort, et il persuade au jeune homme et à la jeune fille de se contenter d'une union toute spirituelle ". Le lendemain, les parents de l'épousée lui demandent le motif de la joie qui brille sur son visage : « J'ai repoussé, répond-elle , l'œuvre de la honte et de l'ignominie. » Le jeune homme rend grâce à Thomas de ce qu'il lui a révélé le mystère de son être, et l'a rendu capable de redevenir ce qu'il était avant de descendre dans la région de la matière et du changement. Le roi fait rechercher le magicien funeste qui a changé pour lui la fête des noces en un deuil amer ; mais l'apôtre a déjà quitté cette côte barbare. Il arrive bientôt à sa destiliation , et pratique l'ascétisme le plus sévère, ne man-
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