‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 136 sur 387 · LE TESTAMENT DES DOUZE PATRIARCHES · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT DES DOUZE PATRIARCHES

à ses enfants. Tous ces discours se ressemblent et passent de l'exhortation morale à la prophétie; celle-ci porte toujours sur le glorieux descendant de la race sainte auquel le monde devra son salut. Sa divinité, son unité avec Dieu sont formulées avec une netteté parfaite. Il est salué comme la postérité de Juda et de Lévi, l'héritier tout ensemble de la royauté et du sacerdoce. « Dieu, est-il dit, suscitera le prêtre dans la tribu de Lévi, le roi dans celle de Juda, il sera à la fois Dieu et homme , son sacerdoce s'exercera sur toutes les nations et sera un sacerdoce nouveau '. » La notion de la rédemption est encore fort vague dans cet écrit, qui se borne à déclarer que les impies s'arrêteront dans leur impiété lorsque les justes se reposeront dans le Christ^. Il ne nous offre aucune des extravagances de la littérature apocryphe, tout en étant revêtu d'une teinte ascétique. Il )ie se borne pas à condamner l'incontinence, il va jusqu'à recommander qu'on se garde de toute femme'. Il est assez curieux de trouver dans le Testament des douze patriarches l'idée théocratique du moyen âge formulée dans les termes mêmes employés par les Grégoire VII et les Innocent III. « Le Seigneur, dit Juda, m'a donné la royauté et à Lévi le sacerdoce, et il a soumis la royauté au sacerdoce. Il m'a donné les choses de la terre et à lui les choses du ciel. Comme le ciel surpasse la terre, le sacerdoce divin surpasse la royauté \ » Le Testament des

^ Uz':'r,zv. h^i'.v.T) véav. (Grabe, p. 164.)

* 01 àvo[ji,c'. y.aira'jca'jcouaw stç y.ay.a. 01 lï y.-/,v.y. y.j.-.rr.xj'zyjz'.'t h) aÙTÔ. (Grabe, p. 172.)

3 <ï>jAaçx'. Ta; a'!s6-/;7£'.; hîb tÂtc^ç, Or^Aeia;. (Grabe, p. 151.)

* Grabe, p. 186.

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