‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 142 sur 387 · LES ACTES D'ANDRE · texte numérisé non relu

LES ACTES D'ANDRE

la dérober aux attaques brutales de païens dissolus. Thécla est la glorification anticipée de la virginité monacale.

Les Actes d'André ont été très en faveur chez les hérétiques *. Cependant, pas plus que les précédents, ils n'ont été composés par eux. Ils racontent les missions de l'apôtre André dans le proconsulat d'Achaïe et sa comparution devant le tribunal païen. Le christianisme est présenté par lui d'une façon toute matérielle. Il se contente d'opposer le gibet du Calvaire à l'arbre de la connaissance du bien et du mal , et il est ainsi amené à s'exprimer sur la croix dans des termes tout à fait superstitieux ^. Quand l'apôtre est lui-même crucifié, il s'adresse à l'instrument de son supplice dans un langage extatique : « Jeté salue, ô croix, dit-il, toi que le corps de Christ a consacrée et que ses membres ont ornée comme des joyaux précieux. Je viens à toi sans crainte, afin que tu me reçoives avec joie, moi le disciple du crucifié, ô croix miséricordieuse, toi à qui les membres du Seigneur ont conféré la beauté, toi que j'ai désirée et recherchée ardemment, reçois-moi du milieu deshommes et donne-moi à mon maître, afin que grâce à toi celui qui m'a purifié me reçoive '. » Le sacrement de la cène est aussi présenté de manière à favoriser toutes les superstitions ultérieures. « Tous les jours, dit André, j'offre un sacrifice, mais ce n'est plus avec la fumée de l'encens et le sang des taureaux immolés ou des boucs ; non, j'offre chaque jour l'agneau sans tache sur l'autel de la

» Eusèbe, H. E., 111, 25. Epiphane, Hxres, 47, 1. ' Acta Andrese, c. 5. — ^ /^^ ^ jq.

2i6 LES ACTES DE SAINT JEAN.

croix. Son corps est vraiment mangé et son sang vraiment bu par son peuple * . » André meurt comme Etienne, dans un saint ravissement. Ses cendres sont précieusement recueillies, tandis que le proconsul qui l'a condamné est précipité du haut d'un rocher.

Les Actes de saint Jean remontent probablement à la même date que les Actes d'André^. Ils mettent en scène l'empereur Domitien , qui, sur les dénonciations des Juifs , déchaîne la persécution contre les chrétiens. Ayant appris que Jean annonce la fin de l'empire romain et l'avénement d'un nouveau règne, il le fait rechercher à Ephèse. Il n'obtient de lui que le renouvellement de ses prophéties sur la venue du Seigneur. Pour accréditer ses oracles, l'apôtre boit un poison mortel sans ressentir aucun mal ; le même breuvage tue, sous les yeux de l'empereur, un malheureux assistant que Jean se hâte, d'ailleurs , de ressusciter. Jean est relégué a Pathmos, d'où il retourne à Ephèse pour remettre, avant de mourir, l'Eglise à Polycarpe. La divinité du Christ occupe une grande place dans ses derniers discours. L'ascétisme y est aussi glorifié. L'apôtre expirant se couche dans son tombeau, d'où jaillit une source d'eau vive, fidèle image du rajeunissement éternel de son enseignement*. Citons enfin les Actes de Thaddée, fortement em-

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CTaupou tepcupvûv, àXr,6wç tc (;ô[/.a aÙToy zapà tou Xacu ptêpwa- Xêiat y.al to ai\).x aÙTOu o[J.oiwç ztvîTat. (Acta Andrese, c. 6.)

2 Eusèbe, H. E.,m, 25. Epiphane, H aères., 47, 1.

3 Acta Johann., c. 22. Les autres Actes apocryphes publiés par Tischendorf ne ren.ontent pas à notre période. Ni les Actes de Barnabas, ni les Actes de PhiUppe ne sont mentionnés par Eusèbe. Les Actes de Barthé-

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