CARACTÈRE GÉNÉRAL DE CES APOCRYPHES
ment, on lui fait accomplir des prodiges sans nombre dès le berceau et on prépare ainsi cette métaphysique sèche et roide qui substituera au Christ des Evangiles le Christ bysantiu , tel que le définit le concile de Chalcédoiue. La vie chrétienne est également dépourvue des caractères de l'humanité normale; on substitue la perfection fantastique de l'ascétisme à la pratique simple et virile du devoir, on est ainsi sur la pente des conseils évangéliques et de la mutilation de la morale. Tandis que les Pères d'Alexandrie inaugurent avec éclat la grande apologie chrétienne qui fonde la certitude sur l'accord entre l'Evangile et la conscience, les masses ignorantes choisissent une voie plus courte, et une démonstration moins élevée, c'est celle de ces Juifs dont parle saint Paul , qui demandent des miracles. De là cette prodigalité de prodiges que nous avons constatée et qui sont destinés à établir la divinité de la religion nouvelle. C'est au nom de la même tendance que l'on cherche à multiplier les documents apostoliques. Exagérant sans mesure la valeur du droit écrit, si l'on peut ainsi dire, on oublie l'esprit pour la lettre et l'on se soucie bien moins de fonder sa croyance sur une interprétation rationnelle des Ecritures canoniques que d'en augmenter le nombre. Quand on a couvert du nom d'un apôtre une doctrine quelconque, fùt-elle en opposition flagrante avec le Nouveau Testament, on croit que tout est tranché sans appel. C'est du moins l'opinion commune; aussi les faussaires sont-ils encouragés à mettre en circulation une foule d'écrits apocryphes. Ils ne l'auraient pas fait si la tentative eût été rendue inutile par