G LES ÉLÉMENTS DIVERS DOIVENT SE SÉPARER
être laminé en quelque sorte à ses extrémités jusqu'à paraître imperceptible; il subsiste intégralement. Basilidcs n'a fait que reproduire la théorie des stoïciens sur le mélange primitif et universel '.
En partant de données semblables, la création ne peut être qu'une organisation de l'existence bouillonnante et confuse; cette organisation consistera dans la séparation des divers éléments renfermés dans le germe primitif. Voilà bien ce principe de distinction qui tend à mettre fin à toijte confusion, à toute agglomération, dont parle Clément d'Alexandrie dans un texte que l'on n'avait pu comprendre dans son isolement ^. Pour expliquer cette séparation Basilidès recourt à l'une des conceptions les plus originales et les plus belles du système d'Aristote, celle qui rapportait le mouvement universel à une mystérieuse aspiration de l'imperfection vers ce qui est parfait et absolu. « Le monde, disait-il, est mû par l'attraction qu'exerce sur lui la pensée éternelle, l'énergie sereine de rintelligence divine^. »Basilidès voyait lui aussi le principe du mouvement ou de la séparation dans l'attraction que le parfait exerce sur l'imparfait. « Tout ce qui est en bas, disait-il, tend vers ce qui est en haut, ce qui est inférieur tend à ce qui est supérieur, les êtres inférieurs ne sont pas assez insensés pour ne pas s'élever vers ce qui est en haut \ »
1 SuYX'jatv àpyty.rjV. (Clém., S/>-om., II, 20,112.)
2 'ÂpyjjV Y£vot>.£vov (joçpiaç (f'jXov.p'.rq-'.yJr^ç it -/.al $'.ay.ptT'.y.YÎç y.a't TeXeonty.YJç y.at àTzcxaTaTTaTty.^ç. {Id., II, 8, 86.)
3 Aristote, Métaphys., \, 7.
* ^TTSÛâei -Tîâvxa 7.aT0)6£v à'vo). (PhiL, VII, 22.)