‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 16 sur 387 · LES TROIS ESSENCES OU FILIATIONS · texte numérisé non relu

LES TROIS ESSENCES OU FILIATIONS

C'est ici que commence le symbolisme fantastique qui ne saurait manquer à la gnose. Le germe primitif enferme trois essences, trois principes, trois filiatmis, pour parler la langue de l'école ' . Il n'y faut pas chercher les trois éléments que distingue d'ordinaire le gnosticisme, à sayoir l'esprit, l'âme et le corps, car la donnée primitive du système implique le mélange absolu et écarte la séparation tranchée entre le spirituel et le matériel. Ces trois principes ou ces trois filiations sont comme trois degrés ou trois formes du mélange primordial. La première essence qui est dans le germe est l'élément le plus pur et le plus léger ; aussi rejointelle l'ineffable non-être qui est l'absolu pour les Basilidiens ; elle y Yole comme la plume ou commue la pensée -. La seconde essence est beaucoup plus lourde, elle veut s'élancer vers l'absolu; en vain l'aile de l'Esprit la soulève, elle retombe accablée par son poids ; le moude supérieur, impalpable, ineffable, lui est fermé. Le firmament s'étend entre elle et les régions sublimes et le Saint-Esprit demeure sur la limite des deux sphères. Mais cette essence inférieure garde comme un immortel parfum de la région supérieure ^ ; elle n'est pas maudite et ne saurait être assimilée au mal pur. Ainsi se forme l'univers visible auquel nous appartenons. Lui-môme se divise en trois régions. La première est le monde supra-humain, elle est désignée par l'un de ces chiffres sacrés que le gnosticisme empruntait soit au

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