‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 152 sur 387 · DES POINTS FONDAMENTAUX DE LA CROYANCE · texte numérisé non relu

DES POINTS FONDAMENTAUX DE LA CROYANCE

reur. Le tableau que nous tracerons du mouvement de la pensée chrétienne, à cette féconde époque, en fera ressortir l'élan et la liberté. Toutefois, elle n'en est pas moins demeurée profondément et constamment chrétienne, "volontairement soumise à l'enseignement apostolique pris dans son ensemble. La spéculation théologique n'a jamais entamé, si je puis ainsi dire, le roc des yérités fondamentales; elle a respecté la pierre angulaire de l'édifice. Elle a eu, sans doute, ses imprudences et ses obscurités, mais la réalité substantielle de la croyance subsiste toujours. C'est que la foi de l'Eglise n'était pas à la merci des tâtonnements et des défaillances de la science religieuse. Elle était la possession inaliénable du cœur chrétien fondée sur l'expérience, et elle constituait un lieu vivant et indestructible entre toutes les Eglises. C'est ainsi que la distinction si contestée entre les points fondamentaux et les points secondaires de la croyance se faisait d'elle-même, grâce au sûr instint de la pieté.

Plus on se sentait assuré de ne pas perdre ce trésor de la vérité salutaire que les apôtres appelaient le bon dépôt, plus on accordait de latitude aux recherches de la théologie, quand celle-ci ne compromettait pas, comme la gnose, le théisme chrétien. L'énergie de la résistance pour maintenir les points essentiels se conciliait avec une bienfaisante largeur ; on ne s'imaginait pas perpétuellement que tout était compromis pour la moindre divergence dans la conception d'un même fait, également accepté de part et d'autre. La calme certitude de la foi bannissait les frayeurs insensées qui poussent aux

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