LE MARTYRE CONFESSE SA DIVINITE
confesseur avait la conviction intime qu'il se devait tout entier à son Maître divin ; que celui-ci avait un droit total sur sa vie, sur ses affections les plus chères, sur tout son être. Le martyre est en lui-même une confession de foi, la proclamation énergique que l'on doit tout quitter pour Jésus, tout lui sacrifier , c'est à ses pieds que les palmes du glorieux supplice sont jetées. Sa devise est bien celle d'Ignace : Tout, pourvu que j'obtienne Jésus- Christ ' / Participer à sa coupe est le suprême bonheur -, Si le cachot s'illumine pour le condamné, c'est que dans ses visions il a vu se détacher lumineuse, sur l'ombre qui l'enveloppe, la tête du crucifié. Nous avons déjà montré comment cette foi ardente, absolue au Christ, qui implique qu'il est le tout de l'âme, revit dans les symboles expressifs tracés avec une naïveté sublime sur les sombres parois des catacombes. Là est la confession de foi de l'Eglise immolée, qui a été tracée d'une main émue à la lueur des bûchers. Tandis que la représentation incessamment multipliée du bon Pasteur rapportant sur ses épaules la brebis perdue , rappelle l'amour rédempteur et le fait central de l'Evangile, la présence du Fils de Dieu dans la fournaise sept fois chauffée redit ce qui fait la consolation suprême, la joie triomphante des confesseurs de la nouvelle alliance. D'innombrables inscriptions, accompagnées de symboles parlants, rapportent au Christ la paix des chrétiens dont la dépouille a été pieusement déposée près des martyrs. Le monogramme de son nom, le poisson, l'an-
^ Ignace. Epist. ad Roman., 4.
* Acta martyr. Polyc, c. 14.