LE SYMBOLE DIT DES APOTRES
Nous retrouvons là , sous une forme un peu prolixe , toutes les parties essentielles du symbole dit des apôtres. L'analogie est plus frappante dans la formule concise qui avait cours dans l'Eglise d'Afrique au temps de Cyprien. Sauf les deux derniers articles, c'est exactement notre symbole actuel; on reconnaît qu'il est composé de la formule du baptême dans laquelle on a intercalé la règle de foi telle que nous la lisons dans TertuUien ^ Personne ne prétend alors le faire remonter aux apôtres, commeon l'essayera avec succès dès la fin du quatrième siècle ; on y reconnaît une simple et naturelle dilatation de la confession de foi primitive des néophytes, qui ne fait que résumer la croyance générale de l'Eglise depuis trois siècles-. Nous pouvons donc le considérer comme le vrai symbole de ces premiers âges ; il exprime avec simplicité, sous une forme d'exposition historique, mais non sans tenir compte des grandes hérésies gnostiques qui avaient si profondément agité les esprits, les croyances qui faisaient la joie et la force de la chrétienté primitive. Ce symbole est bien élevé audessus de la théologie ; il ne saurait être détruit par elle, et on le retrouve en substance dans tous les grands systèmes qui essayent de donner une explication satisfaisante de la vérité salutaire, après qu'elle a été saisie et possédée par le cœur de chaque croyant.
1 Cyprien, Epist,, 697.
2 Voir le livre de M. Nicolas : Le Symbole des Apôtres. Essai historique. Paris, 1867, c. IV. Voir aussi l'excellente brochure de M. Viguier sur le même sujet et VHistoire du Credo par A. Coquerel fils. Gernaer-Baillière, 1869, sous la réserve des points de divergence entre nous et ces honorables auteurs.