LA DIVERSITÉ DANS L'UNITÉ
mule scolastique des simples documents où revit le christianisme primitif. Voilà pourquoi il se prête admirablement au mouvement de la pensée, à ses recherches saintement hardies; il ne l'arrête pas par d'aveugles anathèmes ; mais s'il ne la préserve pas d'erreur, il la garde de naufrages comme un lest sacré. Rien n'égale la puissance d'une foi si sûre d'elle-même, stricte et sévère sur les points essentiels, mais pleine de largeur pour tout ce qui est du domaine proprement scientifique. Il est vrai que plus on se rapproche de la fin de celte période, plus on voit l'Eglise tendre à forger le joug de la tradition et de l'autorité ecclésiastique; mais il a dû être frappé sur l'enclume impériale pour peser de tout son poids sur la théologie. La liberté primitive n'a été que peu à peu aliénée; il a fallu l'effort combiné des grands conciles et des protecteurs couronnés pour la supprimer tout à fait.
$11, — Les écoles et les tendances dans le développement dogmatique du second et du troisième siècle.
Nous avons maintenant à décrire le développement de la théologie chrétienne au second et au troisième siècle, en laissant de côté la question apologétique déjà traitée et les débats ecclésiastiques réservés pour la conclusion du livre. Les hommes qui exercèrent l'influence prépondérante sur ce développement nous sont connus. Nous n'avons pas affaire à des êtres de raison, à des abstractions. Il nous est facile de retrouver dans chaque système celui qui l'a conçu, élaboré, et d'y sai-