‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 167 sur 387 · L'A PRIORI DE L'ECOLE ANGLAISE · texte numérisé non relu

L'A PRIORI DE L'ECOLE ANGLAISE

manquer davantage aux conditions les plus élémentaires de la science, malgré une incontestable érudition. Nous aurons plus d'une occasion d'en fournir des preuves conciliantes dans l'examen de la théologie d'avant Nicée.

Toutes les orthodoxies étroites se rencontrent dans cet à priori qui fait la leçon à l'histoire au lieu de se laisser instruire par elle. On sait combien l'idée que la moindre divergence ait pu se produire dans l'antiquité chrétienne sur la trinité ou la rédemption, était étrangère à l'école évangélique anglaise qui a tant contribué au réveil de la foi au commencement du siècle, mais quia plié longtemps à son joug la pensée religieuse dans nos pays de langue française. La seule mention d'une histoire de dogme lui eût été en scandale. Elle prétendait elle aussi retrouver une tradition immaculée, qui de la Réforme auxVaudois et des Yaudois aux premiers temps du christianisme, formât une chaîne non interrompue de pure doctrine. Qu'on lise VHistoire de r Eglise de Milner, l'un des livres les plus populaires de cette école, on verra ce que devient l'originalité féconde des grandes fractions de l'Eglise primitive en Orient et en Occident'. Les diversités se fondent dans une même teinte grise, la sèche scolastique protestante du dix-

* Histoire de l'Eglise chrétienne jusqu'au milieu du seizième siècle, par J. Milner. Traduit de l'anglais. Paris, 1831. Voir en particulier vol. l, c. 2, où l'auteur retrouve toute son orthodoxie dans les trois premiers siècles. Clément d'Alexandrie et Origène méritent seuls à ses yeux une mention sévère, pour avoir reconnu quelques bons éléments dans la philosophie païenne, mais en définitive ils ont été orthodoxes comme les autres. Ce livre est un chef-d'œuvre d'ignorance bigote.

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