LA THÉORIE DU DÉVELOPPEMENT. - ISEWMANN
septième siècle est reportée jusqu'à l'époque d'Irénée, d'Hippolyte et d'Origène.
C'est ainsi que l'esprit de système fausse aussi bien l'histoire sous le drapeau de la Réforme que sous celui du catholicisme. Il est juste de reconnaître que le mouvement scientifique du dix-neuvième siècle a contribué à élargir les appréciations dans les deux camps. Il est inutile de rappeler ici les grands travaux de l'école évangélique allemande, ces vastes et consciencieuses histoires du dogme auxquelles nous avons sans cesse renvo}é nos lecteurs. Us avaient été devancés par les écrits polémiques de Jurieu contre Bossuet. Basnages , dans son savant ouvrage sur l'Histoire de l'Eglise et de sa succession^ constate les divergences des Pères, tout en étant trop disposé à chercher à côté du grand courant un mince filet de pure doctrine qui maintienne la tradition des apôtres. Le catholicisme contemporain a essayé d'entrer dans celte voie libérale et scientifique par le livre remarquable du D"" ZS'ewmann, sur le développement de la doctrine chrétienne ^ L'ingénieux auteur reconnaît sans hésitation les variations de la théologie primitive ; il distingue entre le fait originel et sacré qui constitue à ses yeux le christianisme immuable, et les explications de ce fait; celles-ci sont susceptibles de progrès, de développement, et serrent toujours de plus près les divines réalités. Le D"" iXevvmann a beau prétendre que ce développement s'est poursuivi
' Histoire du développement de la doctrine chrétienne de J.-H. Newmann. Ouvrage traduit de l'anglais. Paris, 1848.