‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 171 sur 387 · CHAQUE SYSTÈME A SON PRINCIPE CENTRAL · texte numérisé non relu

CHAQUE SYSTÈME A SON PRINCIPE CENTRAL

écoles, puis de chercher dans leurs représentants les plus éminents qu'on peut considérer comme leurs chefs, la pensée maîtresse autour de laquelle le système s'est organisé. Cette pensée maîtresse, nous la trouverons toujours dans la conception du rapport entre l'homme et Dieu, qui est au fond l'idée essentielle de la religion, car qui dit religion dit le mode de relation entre la créature et son Créateur. Selon que cette conception implique plus ou moins l'harmonie entre l'humain et le divin ou plutôt le rétablissement de cette harmonie, tout le système prendra une direction différente. La notion de la rédemption influe profondément sur toute la théologie. C'est elle qui détermine les idées que l'on se fera sur la personne même du Christ, et sur l'union de l'humanité et de la divinité en lui. La grande question de la foi justifiante et des œuvres, celles du sacrement, de l'autorité ecclésiastique dépendent de la solution donnée au premier problème. En effet, si l'homme est vraiment réconcilié avec Dieu par le sacrifice du Christ, il est affranchi de tout ce qui élevait une barrière entre lui et le ciel; la religion agit désormais du dedans plus que du dehors, l'autorité religieuse change de nature, et tout en revient à l'action morale, spirituelle. Si,

part d'intéressantes monographies^ la France protestante n'a produit ces dernières années qu'un seul ouvrage considérable sur l'histoire du dogme, c'est ['Histoire des Dogmes chrétiens^ par M. Eugène Haag. (Paris, Gherbuliez, 1862.) C'est plutôt une vaste compilation qu'une histoire proprement dite; elle est faite au point de vue rationaliste pur : elle est très-insuffisante, surtout en ce qui concerne les premiers siècles. On est surpris d'y trouver, par exemple, un chapitre sur le gnosticisme qui ne tient aucun compte des sources récemment découvertes. Evidemment, l'auteur n'a pas porté dans ce grand sujet la science approfondie qui fait le mérite de la France protestante.

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