LE VERBE RÉVÉLATEUR ET SAUVEUR
férencedu style, mais encore par suite de quelques divergences doctrinales très-caractéristiques *.
L'Epitre à Diognète était destinée à établir aux yeux d'un païen, les droits de la religion évangélique. L'auteur suit une méthode historique : il montre quel a été son rôle dans les destinées de l'humanité, et comment elle a été le dénoûment préparé par Dieu, de la période longue et obscure qui s'étend depuis le péché jusqu'à Jésus-Christ. Laissant de côté le point de vue apologétique et tout ce qui se rapporte à la peinture de la vie chrétienne, nous chercherons à dégager la conception dogmatique de cet écrit. La religion nous est présentée tout ensemble comme une révélation et une rédemption. Conformément au génie grec, l'auteur insiste sur le premier caractère : dissiper les ténèbres de l'ignorance , illuminer l'esprit humain par la vraie connaissance de Dieu est l'objet essentiel de l'Evangile et du Verbe dont le livre divin est la manifestation parfaite. La vérité n'est pour les chrétiens ni une découverte terrestre, ni une doctrine périssable, ni le dépôt de simples mystères humains. « Le Dieu tout-puissant, créateur de toutes choses, le Dieu invisible, l'a fait descendre du ciel ; son Verbe saint et incompréhensible a pris rang parmi les hommes, et il a voulu qu'il eût une demeure fixe dans leur cœur^. » Personne avant lui n'avait réussi à connaître Dieu, comme le prouvent le culte grossier des idolâtres et les vaines imaginations
' Nous ne parlons pas des deux derniers chapitres, qui sont une évidente interpolation.
2 'EYy.ax£c;rripi^£ Tatç xapStatç aÙTWv. [Ep. ad Diogn., c, 7. (Edition Hefeie. Tubinguejl847.)