NOTION TRÈS-INCOMPLÈTE DU SACRIFICE
des philosophes \ Le judaïsme n'est guère mieux traité que le paganisme, car s'il a connu le ^rai Dieu il s'est imaginé qu'il avait besoin de dons matériels, et il lui a offert des sacrifices sanglants. La vraie lumière a donc commencé avec Jésus-Christ; cette lumière n'éclaire pas simplement l'intelligence, elle réchauffe le cœur et sauve le pécheur perdu. Le christianisme est une rédemption en même temps qu'une révélation, ou plutôt il est la révélation de la rédemption. « Dieu ne nous a pas haïs, il ne s'est pas souvenu de notre méchanceté , il a supporté nos péchés et nous a donné son propre fils comme prix de notre rachat — le saint pour l'inique. La justice seule a pu couvrir le péché. 0 doux échauge qui fait que l'iniquité de plusieurs est cachée par un seul juste et que la justice d'un seul justifie beaucoup d'injustes^ ! » On ne peut tirer de ces mots aucune formule précise ; ils contiennent l'affirmation pure et simple du salut de l'humanité par l'œuvre de Jésus-Christ. Sa justice a couvert nos péchés et nous a rachetés; l'auteur ne va pas plus loin; il n'y a pas trace dans la Lettre à Diognète d'une satisfaction de la colère divine; car Dieu ne nous a point haïs. Le Fils n'a donc pas eu à subir une malédiction qui n'existait pas; il nous a simplement couverts de sa sainteté comme d'un bouclier. La notion du sacrifice proprement dit échappe à l'auteur; c'est ce qui explique la sévérité avec laquelle il juge les sacrifices juifs; il va même jusqu'à les considérer comme des actes superstitieux par lesquels on essayait d'acheter par un
1 Ep. ad Dioyn.j c. 8.
» Id., c. 9.