‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 178 sur 387 · L'AMOUR EST L'ESSENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

L'AMOUR EST L'ESSENCE DE DIEU

présent les faveurs de Dieu ^ Evidemment, si l'auteur eût admis une expiation au sens réel, il eût rattaclié l'œuvre du Christ aux rites sanglants de raucienne alliance. Il n'est pas possible de combler cette lacune du système, sinon par des additions qui viennent d'autre part. La substitution du juste aux pécheurs est clairement enseignée, mais non pas sa condamnation directe par Dieu à notre place. La mort du fils est une preuve de l'amour du Père pour nous et rien de plus. La croix ne parle que de charité et de sainteté. Nous ne prétendons pas que l'explication suffise ; mais c'est celle de VEpitre à Diognète. L'idée de Dieu y est développée tout à fait dans le sens de saint Jean. La toute-puissance et la toute-science ne sont pas les attributs par excellence de la Divinité. Dieu est plus que le Très-Haut et le Très-Sage; il est essentiellement amour. « Obtenir la domination sur son prochain , écraser sa faiblesse , acquérir la richesse et violenter ses inférieurs, rien de tout cela ne donne le bonheur à l'homme, et ce n'est pas ainsi qu'il peut imiter Dieu. Ces choses sont en dehors de la majesté divine. Si tu aimes, tu seras l'imitateur de sa miséricorde^. » En créant, il n'a pas eu d'autre motif que le bien de sa créature; elle est donc une œuvre de son amour, sa gloire est d'être aimé. Il a toujours été le même, il ne saurait changer ni maintenant ni jamais; il sera toujours bienveillant, bon, incapable de colère, seul il est bon^.

1 Ep. ad Diogn., c. 3. — 2 Id., c. 10. à"]fa6b(; xai àôp-cti-zoç xat àX-rjO'/jç. [Id., c. 8.)

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