POINT D'AUTORITÉ EXTÉRIEURE
faire violence, car la \ioleuce n'est pas de Dieu'. » Comment, en effet, l'amour ne serait-il pas la liberté? Ce respect de la liberté humaine explique le retard de l'envoi du Rédempteur ; il fallait une correspondance morale entre lui et la race humaine. II est venu quand elle a eu le loisir d'expérimenter sa misère et son impuissance à se sauver elle-même. D'une pareille théologie on ne tirera pas un système d'autorité extérieure. Aussi toutes les préoccupations épiscopales si fréquentes à cette époque, ne sont-elles pas même indiquées par une allusion. La vie chrétienne est tout entière livrée à la loi de liberté. L'auteur a trop méconnu le caractère providentiel de la loi ancienne pour être tenté de la restaurer dans l'économie évangélique. Il traite de ridicules les prescriptions concernant les sabbats et les jeûnes. Le courant d^ sa pensée, aussi bien dans ce qu'il a de défectueux que dans ce qu'il a de vrai et de fécond, l'éloigné absolument des tendances hiérarchiques et sacramentelles ; il eût plutôt conduit à un mysticisme tout pénétré de sève morale. Ce souffle pur et léger n'était pas capable d'enfler les voiles du navire; l'influence prédominante devait nécessairement appartenir à des tendances plus tranchées et plus militantes. La Lettre à Diognète demeure un monument isolé qui surpasse tout ce qui l'entoure.
• Ep. al Diogn., c. 7.