‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 183 sur 387 · DIVINITÉ DU VERBE · texte numérisé non relu

DIVINITÉ DU VERBE

un homme ou serait-il vu par lui sur un point imperceptible de la terre '? Le peuple ne pouvait contempler sa gloire au Sinaï, alors même qu'elle était reflétée sur son envoyé. Le prêtre n'osait se tenir debout devant le sanctuaire bâti par Salomon, dès que l'arche y eut été déposée. M Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni aucun homme n'a vu le Père , le Seigneur ineffable de l'univers et de Jésus-Christ lui-même-. >< Celui-là seul a été visible qui, conformément au conseil et à la volonté de Dieu , est tout ensemble Dieu et Fils et s'appelle aussi l'ange de l'Eternel pour accomplir ses desseins. Il s'appelle le Yerbe parce qu'il porte aux mortels les paroles de Dieu^. Il n'est pas possible de rétablir avec plus de netteté la distinction fondamentale de Philon entre le Dieu caché et le Dieu manifesté. Le Dieu caché, ineffable, est seul l'absolu, le premier principe, le Très-Haut.

Si ferme et précis que soit Justin sur la divinité de Jésus-Christ, il n'admet ni son égalité complète avec le Père, ni même sa préexistence éternelle, du moins en tant que personne distincte. Il affirme la subordination de la manière la plus catégorique. Le Fils est au second rang\ Il s'entretient avec Abraham sous le chêne de Mamré, comme l'envoyé du Dieu suprême qui est dans

1 lia); àv cOv yJ AaAY;ce'.s Tpéç T'.va r^ cohdr, -.'.'A ; (Justin, Dial. cum Tryph., c. 127. [Opéra, p. 357.) Édit. de Cologne, 1688.)

2 O'JTî aXXc; «vôpw-wv £ÎC£ tcv T.o.-izx y.ai appr^TOV K'jp'.cv tûv TîâvTwv. [Id., c. 127.)

* 'Ev GSUTÉpa /wpa. (^/jo/., II, p. 70.) Mgr Ginouilhac essaye en vain d'affaiblir la portée de celte expression (II, p. 115).

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