L'EVANGILE OPERE LA SEPARATION
fection et d'ignorance relative, mais Basilidès ne se croyait pas le droit de l'opposer à la nouvelle économie comme les ténèbres à la lumière ; car TAncien Testament a eu sa mission. Il fallait bien que la seconde essence se constituât dans son rang. Mais jusqu'à l'apparition de la troisième essence rien n'est consommé. Elle est la fin, le but de l'univers. Toutes les créatures sont en travail pour la manifestation des enfants de Dieu, et cette manifestation glorieuse, c'est la délivrance des âmes captives dont le brûlant soupir monte vers l'absolu, c'est l'affranchissement des êtres prédestinés ou des vrais gnostiques. « C'est nous, disaient les Basilidieus, qui sommes les fils par excellence, les pneumatiques ' . »
Il nous reste à considérer comment cet affranchissement est opéré. C'est là proprement l'œuvre de l'Evangile. L'Evangile n'est pas une réconciliation, il est simplement une illumination qui dégage les âmes prédestinées du milieu obscur où elles gémissent. Cette illumination est comme une irradiation de l'absolu. Tout d'abord elle éclaire les deux grandes régions entre lesquelles se partage l'univers visible. Le premier qui sort éclairé dans la région supérieure de VOgdoade est le Fils du grand Archôn. Il est le premier révélateur, le premier Christ. Le grand Archôn sous le rayon nouveau qui frappe ses regards, reconnaît et confesse son erreur. C'est de cette crainte salutaire éprouvée par lui qu'il est écrit qu'elle est le commencement de la sa-
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