LANGAGE MYSTIQUE SUR LA CÈNE
est moins précis; il semble supposer une union du Verbe avec les éléments eucharistiques qui ne sont plus le pain et le vin ordinaires ; de même que le Verbe de Dieu a revêtu notre chair, de même il s'incarne encore dans ces éléments qui, par une sorte de transformation, nourrissent l'âme'. Cependant ailleurs, Justin insiste sur l'idée que la cène est un mémorial de la rédemption. Le pain est offert en mémoire du corps de Christ et le vin, eu mémoire de son sang'. On ne saurait rien tirer de net et de précis de ce langage mystique. Justin formule l'inspiration des Ecritures dans le sens d'une théopneustie absolue. Les prophètes ont reçu les paroles mêmes du Verbe \ Seulement, il ne faut pas oublier qu'il ne parle que de l'Ancien Testament et qu'il admet que la prophétie spéciale a pris fin en Jésus-Christ en qui elle a trouvé sa consommation. Désormais elle se répand comme la sacrificature universelle sur tous les chrétiens. Cela implique évidemment un singulier élargissement de l'inspiration pour la nouvelle alliance. A l'objection faite par Tryphon que si le Christ , d'après le prophète Esaïe, devait recevoir le Saint-Esprit, il ne possédait pas la divinité qui n'a besoin d'aucun don, Justin répond par ces mots : « Les dons de l'esprit n'ont pas été accordés au Verbe comme s'ils lui eussent été nécessaires, mais parce qu'ils de-
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