APPRÉCIATION GENERALE DES SYSTÈMES
à chaque instanl comme le soleil perce les nuages; Tadoration du Christ, objet absolu de la religion et Sauveur du monde, y palpite en paroles ardentes. Les souvenirs de la philosophie grecque n'empêchent pas la grande idée du Verbe divin et de son affinité morale avec l'humanité, de resplendir dans tout son éclat. La liberté morale^ comme un souffle vivifiant, écarte tout dualisme panthéiste, et les droits imprescriptibles de la nouvelle alliance et des affranchis du Christ sont maintenus avec un admirable spiritualisme malgré l'invasion trop marquée d'un nouveau légalisme. Au travers de son langage diffus, de sa typologie tourmentée, on reconnaît le généreux martyr qui est mort en s'écriant : « Je suis trop petit pour dire du Christ quelque chose de grand. » Il s'est senti surpassé par la vérité divine qu'il essayait de définir, et il a voué tout le premier au feu qui purifie la paille et le chaume qui se sont mêlés au marbre et à l'or dans sa construction dogmatique. Justin mérite d'occuper un rang d'honneur dans ce périlleux mais nécessaire labeur de la science religieuse.
§ IlL — Athénagorc , Théophile d'Antioche, Tatien.
L'influence du platonisme est [.lus sensible chez Athénagore que chez Justin. Il part également del'idée du Dieu ineffable, impassible, enveloppé d'une inaccessible lumière*. Le Verbe est sa raison éternelle; il est dans le Père et le Père est en lui. Le Saint-Esprit est la sagesse
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