LE VERBE LE REND COMPRÉHENSIBLE
puisqu'il se révèle tout entier à son Verbe *. Dieu n'est donc incompréhensible que d'une façon relative, selon cette belle parole du poëte antique citée par Clément : « Je ne le vois pas, car il réside au delà des nuages, et les débiles paupières des hommes ne sauraient percer dansvces profondeurs, car nous ne sommes qu'os et que chair ^. » Cependant nous avons dans notre raison une intuition de l'Etre divin, parce qu'elle est un rayon du Verbe. Quand celui-ci se révèle pleinement à nous, nous possédons la vraie connaissance ^. Rien n'est incompréhensible pour le Fils de Dieu et grâce au Fils de Dieu, pour le gnostique, l'homme de la vraie connaissance. Le Verbe n'est pas une émanation diminuée de Dieu, il est son image parfaite, il le reproduit dans sa plénitude de toute éternité. « Dieu n'étant pas démontrable en lui-même, n'est pas non plus l'objet de la science. Le Fils est la sagesse, la science, la vérité et tout ce qui est de même ordre. Aussi est-il la démonstration et l'explication de la vérité. » Toutes les puissances de l'esprit se rattachent à lui comme à leur centre ; il les enferme toutes dans son cercle. Il est l'alpha et l'oméga; l'idée éternelle et universelle, l'un qui comprend lesmultiples\ » Evidemment le Verbe estici présenté à la manière de Philon, comme le monde idéal ou plutôt comme l'idée du monde, mais avec cette double différence qu'avant d'être l'idée du monde, il est l'idée ou
1 O'job àxaTaX-zj^TOV -w uiw tûU 6îoj. [Strom., \l, 8, 70.) « Id., y, 12, 79.
»/rf.,V, 11,75.
* 'Atu65si^'.v lysi xai Sté^oBov àX^a %al C)[xi-^ix... (1); -jîivTa £V. {Id.,lV, 25,158, 159.)