DIEU EST AMOUR
monde '. Il est le premier engendré; il n'a pas eu de commencement et il révèle la cause antérieure à toutes les autres, la plus bienfaisante de toutes, qu'aucune voix n'ose nommer, mais qu'on adore dans un silence sacré, dans la sainte terreur de l'admiration^. Le Yerbe du Créateur de toutes choses n'est pas seulement sa Parole produite au dehors, il est la sagesse et la bonté de Dieu dans leur pleine manifestation, puissance vraiment divine, universellement intelligible, volonté souveraine ^. Le connaître, c'est connaître la vérité par la vérité ^
On voit à quelle hauteur Clément place le Verbe tout en maintenant sa subordination en tant qu'engendré. Néanmoins il existe comme personne distincte de toute éternité. Les attributs transcendants lui appartiennent comme au Père. On cherche en quoi il se distingue de lui, comment il est moins ineffable et incompréhensible. Clément a bien entrevu la solution , quand il dit que le Père ne va pas sans le Fils, et quand il voit dans le Yerbe la parfaite manifestation de la bonté divine.
Il fallait aller plus loin et établir que le Yerbe devait être en effet éternellement l'objet de l'amour du Père pour que Dieu fût l'amour absolu ; alors la distinction des personnes était définitivement obtenue. Mais Clément s'est contenté d'affirmer la ressemblance parfaite du Verbe avec le Père ; il ne nous donne pas une raison suf-
1 Ar,[J,'.0'jpY''<^Ç aiT'.CÇ. {Strom., V, 3, 16.) «W., VII, 1,2.
» Id., Y, l, 6.
* rvwctç Se u'.ci) c\.akr,'}j'.q èciiv ak-rfidcnq Stà tv;; àXr^ôci'aç. (Id., \, 1, 1.)