‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 214 sur 387 · DIEU IGNORE LA COLERE · texte numérisé non relu

DIEU IGNORE LA COLERE

La bonté implique la haiue du vice qui nous perd; elle châtie le pécheur, mais le châtiment est toujours dans l'intérêt du coupable, car il tend à son redressement \ Mais Dieu ne se venge jamais : ce que nous appelons sa vengeance est une punition du mal commis qui n'a d'autre but que le relèvement de celui qu'elle atteint. Comment voudrait-il se venger, le Dieu qui nous a commandé de prier pour nos adversaires? Sa colère et sa miséricorde tendent à une même fin; le salut des hommes^. Un avertissement d'ailleurs n'estpas un acte de courroux ^. Dans le chapitre XI du premier livre du Pédagogue , Clément montre à l'œuvre cette justice miséricordieuse qui veut le salut du pécheur; soit qu'elle menace, soit qu'elle frappe, elle proportionne les remèdes à la gravité du mal, et elle ne les rend plus amers qu'afin de les rendre plus efiicaces. Le châtiment est le van qui sépare en nous le pur froment de la paille. C'est aussi le marteau et l'enclume où le cœur de l'homme doit être brisé sous la main de Dieu. La malédiction elle-même en passant par sa bouche est un moyen de guérison et de redressement ^. Ainsi Dieu assigne toujours une vertu curative au châtiment. Clément n'en reconnaît pas moins que le mal produit nécessairement l'infortune et que le méchant se perd en s'endurcissant. Tous les

cu[xcpépov àvaKc[j.7:o[JLiV/; . [Pxdag., l, 8, 70.) Voir tout ce beau chapitre 8 et le suivant.

(M., I, 8, 72.) 3 Id., \, 10, 94.

* Oap[xa/,si'cf lotxsv h ov£i5ia(AÔç. [Id., \, 8, 63.)

Page 1