‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 215 sur 387 · LA LIBRE CREATION · texte numérisé non relu

LA LIBRE CREATION

efforts qu'il attribue à l'amour divin pour nous arracher au pouvoir du péché impliquent la gravité du mal. « Chacun de nous, dit-il, choisit son supplice quand il choisit le péché '. » On ferait donc tort à Clément en lui attribuant une notion amoindrie de la bonté divine qui la transformerait en indifférence pour le bien et le mal. Si la douleur suit le péché c'est un effet de la volonté du Très-Haut, car rien n'échappe à son pouvoir. C'est lui qui a établi ce lien entre le mal et la souffrance. Seulement il frappe sans colère, car le divin ne connaît pas le courroux -. C'est là ce que Clément appelle son apatheia , c'est-à-dire l'absence de toute passion ^ Mais cette divine apathie se concilie avec un ardent amour de l'être tombé, et la douleur, qui était d'abord le simple résultat du péché, devient un miséricordieux instrument de relèvement, l'aiguillon qui transperce le cœur pour le rendre à Dieu. Tout ce que Clément a dit du Père il le dit également du Fils, qui lui est entoutpoint semblable. Nous verrons quelles sont les conséquences qu'il a tirées pour le dogme de la rédemption de cette théodicée sublime mais incomplète. Elle a été ainsi résumée par Clément lui-même : « Dieu est amour. Tout en étant le Père ineffable, sa sympathie pour nous est celle d'une mère, dételle sorte qu'en nous aimant, le Père a pris quelque chose de féminin \ » Nous voilà

1 Aipst-rat Se eza^-uo; y;[j.wv -y.ç v.[xiùp'.xq aj-ci; cy,wv à[xap-ava)v, {Pxdag., I, 8, 69.)

* O'jy. cpvîi^îta'. Tc Oîtov, {Id., \, 8,68.)

3 Oôb; 7àp àzaO-r];, {Strom., VI, 16, 137.)

^'Ecr-'. oï y.x'. aii-cq h Oes; oi.';iT.ri • -h [j.ev àpp-r;-ov «ùtou TraTTjp, TO Se Tjp.Tv au\j-xhïq ^{éyo^n F'I""'!?- (^^ div. sei-v., 37.)

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